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La polémique se poursuit au sein du foot ivoirien en pleine crise et soumis à un Comité de normalisation par la Fifa. Après Sam Etiassé, directeur exécutif de la Fif qui a tiré sur la Fifa, c’est au tour du président du Stella d’Adjamé, Salif Bictogo, d’entrer en jeu.

Quelle est votre réaction suite à la décision de la Fifa de mettre la Fif sous tutelle ?
Certes il y avait des rumeurs sur la mise en place d’un Comité de normalisation, mais cela n’empêche que je suis un peu surpris par cette décision.

Pourquoi ?
En tant qu’acteur, nous nous attendions à ce que le processus électoral reparte de plus belle de sorte que les clubs puissent jouer au football après plus de 9 mois d’arrêt. Nous avons des engagements avec les joueurs et les coaches que nous entretenons. Pour une équipe comme le Stella, c’est encore plus compliqué, surtout que nous sommes omnisports. Nous pensions donc à une reprise du processus électoral quand bien même la question d’une mise sous tutelle pendait au nez depuis longtemps.

Quel regard portez-vous sur les motifs invoqués par la Fifa pour mettre en place ce Comité de normalisation ?
Ce qu’il faut retenir dans la décision de la Fifa et qui saute aux yeux, c’est l’illégalité du Comité exécutif de la Fif. Effectivement, le mandat de cette Fédération est échu depuis longtemps. Malheureu­sement, le processus qui doit mener à la passation de charge a été interrompu par la Fifa. Si la Fif devait saisir le Tas, c’était sûrement à ce niveau-là. En­core faut-il reconnaître que le Comité exécutif actuel est illégitime.

Que pensez-vous de la saisine du Tas par la Fif pour casser la décision de mettre en place un Comité de normalisation ?
En réalité, on devrait se rapprocher des membres actifs qui sont les vrais interlocuteurs à la Fif. C’est nous qui devrions nous organiser pour faire des propositions à la Fifa ou au Tas.

Est-ce à dire que vous êtes favorable à la rédaction d’une pétition ?
Non. Il ne faut pas se méprendre sur ce sujet. Pour moi, il est clair qu’étant donné l’illégalité et l’illégitimité de l’actuel Comité exécutif, les membres actifs devraient être au cœur des décisions prises pour le football ivoirien. Ceci dit, je ne suis pas partisan de ceux qui pensent qu’il faut être dans la défiance ou dans la belligérance avec la Fifa.

On va tout de même vers une forme de belligérance avec la saisine du Tas par le Comité exécutif…
On ne devrait pas cautionner ce genre d’attitude. Ce Comité exécutif ne devrait pas parler de décisions fallacieuses en parlant de la Fifa. C’est un combat qui n’a pas sa raison d’être et dont les clubs pourraient payer le plus lourd tribut. Combien sont les membres de ce Comité exécutif qui ont un club ? Ils sont mal placés pour défendre nos intérêts.

Ceux qui sont favorables à la saisine du Tas estiment qu’elle s’impose vu que la décision est taillée pour favoriser un candidat. Qu’en pensez-vous ?
Je ne le pense pas. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu dans cette décision. Mais plutôt un perdant c’est-à-dire le football ivoirien. La réalité c’est qu’il a eu des manquements au niveau de notre Fédération. Si nous en sommes là, c’est parce que nous n’avons pas su régler nos problèmes.

Qu’entendez-vous par-là ?
J’ai toujours dit que ce sont les petites combines de la Fif qui nous ont conduit dans l’abîme. Je prends l’exemple des arbitres où le président élu, Aboubacar Sharaf, a été destitué à quelques mois de la fin de son mandat, tout simplement parce qu’il a participé à une réunion du GX. C’est la même chose à l’Africa Sports où les compromissions de la Fif ont fini par avoir des répercussions sur le processus électoral.

C’est-à-dire ?
La Fif ne devait pas s’immiscer dans les problèmes internes des clubs avec son protocole d’accord où il y a plusieurs cosignataires. Elle a outrepassé ses attributions pour des visées électoralistes. La Fif récolte donc ce qu’elle a semé.
Avec Supersport

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