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Trois mois après la sortie de son clip «Bodio bodio réplique» dans lequel il s’en prend sévèrement à Youssou Ndour, auteur de la chanson «Bodio bodio», le rappeur Xulia Naby a jugé bon d’expliquer les raisons qui l’ont poussé à critiquer le Roi du mbalax. Cela, pour dissiper les nuages et les doutes de ceux qui pensent qu’il y a des gens qui se cachent derrière son acte.

Il y a 3 mois lorsque le rappeur Xulia Naby sortait son clip Bodio bodio réplique dans lequel il «clashait» sévèrement l’initiateur de Bodio bodio, Youssou Ndour. Le tollé a été intense. Craignant de se trouver dépassé par la polémique qui a suivi la sortie de son single, le jeune musicien a voulu apporter des éclaircissements sur ce qui l’a poussé à s’attaquer au Roi du mbalax. Il est venu avant-hier se confier à nous. «Depuis la sortie de ce clip, des rumeurs circulent. Certains disent que c’est Karim Wade qui est derrière tout ça. D’autres estiment par contre que ce sont des membres du gouvernement qui ne s’entendraient pas bien avec Youssou Ndour qui m’ont payé», explique-t-il. Ajoutant que certains gens iraient même jusqu’à prétendre que c’est Thione et Waly Seck qui se cacheraient derrière son acte.
Naby explique cette dernière rumeur par le fait que tout récemment, il avait joué avec le jeune «Faramarene» sur la même scène. Toutefois, pour s’exprimer sur les véritables raisons qui justifient sa réplique, ce natif de la Medina n’a pas voulu faire dans la langue de bois. «En tant que ministre de la République, Youssou Ndour avait d’autres choses plus importantes à faire que de prendre son micro pour chanter Bodio bodio et s’adresser ainsi à des soi-disant ennemis», cogne-t-il. Le jeune rappeur va ajouter que «la partie infirme de la population sénégalaise que M. Ndour traite de ‘’Bodio bodio’’ est composée de cette partie-là qui était fan de lui, mais il a viré vers un autre champ différent de celui de la musique, un champ purement politique où il va entendre tout et il faut qu’il accepte cela».
Tee-shirt gris, chaîne au cou, casquette couvrant la moitié de la tête, Souleymane Ndiaye à l’état civil, qui se donne l’air d’un membre de possee américain, renchérit : «Ceux qui l’aimaient grâce à l’art et la culture sont eux qui le critiquent maintenant en politique parce qu’on a vu sa position, sa démarche par rapport aux affaires de la cité. Il devait nous défendre, mais il ne vit que pour ses propres intérêts.» La présence de l’ex footballeur El Hadji Ousseynou Diouf, du chanteur Mame Goor Diazaka sur scène lors des concerts de Youssou Ndour, lui chantant ses louanges, constitue également une raison qui a causé la sortie de Bodio bodio réplique.
Et même si la chanson Bodio bodio de You ulcère Naby, il avoue tout de même ne pas détester le Pdg du Groupe futurs medias et lui reconnaît sa grandeur. «Il a beaucoup fait pour le Sénégal, car si la musique sénégalaise est connue à travers le monde, à 90% c’est grâce à lui. Mais nous ne sommes pas d’accord sur sa position. Il ne doit pas traiter une partie de la société qu’il croit insignifiante ou infirme de ‘’Bodio bodio’’. Et je me suis senti concerné», s’indigne-t-il.
S’agissant de ses projets sur le plan artistique, M. Ndiaye promet la sortie au mois de décembre d’un album qu’il prépare depuis 2 ans.
Le procès du rappeur Ngaka Blindé devant se tenir le 4 septembre prochain ne laisse pas indiffèrent son camarade. «C’est un fils de la banlieue, de la musique hip-hop. Ce qui lui est arrivé nous fait mal. C’est un jeune et il est soutien de famille aussi. Je suis allé le voir à maintes reprises. Nous prions pour qu’il sorte le 4. Même s’il obtient une liberté provisoire c’est bon, car c’est sa santé qui est en jeu», indique-t-il.
Souleymane Ndiaye alias Xulia Naby évolue dans le rap depuis plus de 10 ans. Mais il cultive fortement des talents de percussionniste, car il joue aussi de la batterie. Né à la Medina, il réside actuellement à Golf Sud. Sa rencontre avec des musiciens comme Cheikh Tidiane Fall, Naby Ibrahima Kondé (auteur de Souma réré) l’a poussé à aller de l’avant. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui a donné son nom : Naby. «Je suis né avec cet amour de l’art et de la culture. C’est dès le plus bas âge que j’ai commencé la percussion, même si je suis lébou», souligne-t-il dit d’un ton moqueur.

mfkebe@lequotidien.sn

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