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Tout a été fait dans le respect des procédures et dans la transparence dans le cadre du programme d’aide alimentaire d’urgence, affirme le ministre Mansour Faye qui a, hier, fait le point de la situation sur l’acquisition et la livraison des vivres dans les régions. Malheureu­sement, un échange musclé avec un journaliste, a occulté quelque peu son message.

Il était acculé par les partis d’opposition, les médias et la société civile. Tout le monde lui exigeait la transparence dans l’attribution des marchés des denrées alimentaires destinées aux populations touchées par le Covid 19. Hier, le ministre du développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale s’est prêté à un exercice, «non pour des justifications mais des éclairages», sur le programme d’aide alimentaire d’urgence. Malheureusement, le ton polémique qu’il a adopté pour répondre à une interpellation d’un journaliste a quelque peu noyé son discours. D’après Mansour Faye, «les conditions d’achat direct sont juridiquement réunis et socialement justifiés par l’urgence à disposer des vivres à distribuer aux populations nécessiteuses. Le souci de transparence et de respect des règles d’éthique et de bonne gouvernance nous a conduit à nous référer aux bonnes pratiques connues de tous en matière d’achat public».
Selon lui, sur les 62 offres qui ont été reçues, seuls 4 fournisseurs remplissaient les conditions posées, à savoir la disponibilité de stock, l’offre du meilleur prix. «Après exploitation, seuls les fournisseurs ayant les capacités quantitatives et qualitatives requises ainsi que la meilleure offre financière a été retenue», s’est défendu Mansour Faye qui a été critiqué par sa gestion de ce programme. Il s’agit du groupe Bambouck pour un montant de 1,375 milliard de franc Cfa, la société Afri and co 8,250 milliards de franc Cfa, le comptoir commercial Mandiaye Ndiaye pour la somme de 8, 250 milliards de franc Cfa, et Avanti Suarl pour 9,625 milliards de francs Cfa. C’est ainsi que, pour favoriser l’égal accès des entreprises aux différents marchés, des avis de commandes ouvertes en procédure d’urgence ont été publiés dans la presse notamment dans les quotidiens, le Soleil, Libération et l’Observateur du 1er, 2 et 3 avril 2020, dit-il.
Face à la presse en direct du ministère de la santé et de l’action sociale, le ministre en charge de ce programme a fait savoir que pour les denrées alimentaires, les quantités minimales suivantes ont été exigées aux fournisseurs : Riz brisé non parfumé à sac de 50 kg, 5 mille tonnes, sucre en conditionnement de 5 ou 10 kg, 500 tonnes, huile en conditionnement de 5 ou 10 L, 10 mille litres, pâte alimentaire en conditionnement de 5 ou 10 kg, 1 000 tonnes, savon en paquet de 18 unités de 300 g, 10 mille paquets. Et il a été exigé aux candidats la présentation au plus tard le vendredi 3 avril 2020 à 12 heures précises, une facture pro-format des produits proposés, une déclaration sur l’honneur indiquant les quantités de stock disponibles qui doit être au moins égale aux quantités minimales exigées, un échantillon de chaque produit proposé. «Concernant le riz, ont été retenues les 4 meilleures propositions présentant un prix par tonne en deçà de celui actuellement pratiqué sur le marché. Ainsi les 4 fournisseurs ont cédé le riz à 275 mille francs Cfa la tonne, soit 275 francs Cfa le kilogramme», détaille Mansour Faye.
Pour le volet transport, l’obligation de disposer d’un parc de 50 camions au minimum pour les soumissionnaires a été retenue, déclare le ministre. Ce dernier ajoute que le besoin tourne autour de 600 camions par jour, alors que jusqu’ici seuls 253 camions ont pu être mobilisés. Une grille tarifaire a été ainsi établie. Pour les régions de Thiès, Louga, Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine, le transport a été fixé pour 7 500 francs Cfa Ttc la tonne, les régions de Saint-Louis et Tambacounda, 15 mille francs Cfa la tonne, Matam, Kolda, Sédhiou, Kédougou et Ziguinchor pour 18 500 francs Cfa la tonne. Aujourd’hui, les transporteurs qui ont accepté ce tarif sont en train d’acheminer les produits. Par ailleurs, il a fait un bilan des opérations de livraison en cours. À la date du jeudi, affirme-t-il, pour Kédougou, un quota de 1 585 tonnes a été livré. Ziguinchor, 1038 tonnes, Matam, 1335 tonnes, Diourbel, 418 tonnes, Dakar, 396 tonnes, Louga, 1130 tonnes, Thiès, 1747, 5 tonnes, Tambacounda, 730 tonnes et Saint-Louis 280 tonnes, soit un total de 8 659, 5 tonnes, à peu près 9%, taux du volume convoyé.
Dans les échanges avec la presse, après ses propos liminaires, le ministre a semblé un moment sortir de ses gonds à la suite d’une question de journaliste, allant jusqu’à menacer ce dernier de poursuites judiciaires. Il n’a pas apprécié l’allégation selon laquelle le plus gros attributaire du marché du riz serait l’un de ses intimes. Cet épisode a laissé une marque négative à un exercice qui jusque-là, était dans les limites de la courtoisie.

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