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Au Sénégal, la publication de chiffres s’accompagne souvent de polémiques. Selon le directeur de l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse économique (Ensae) du Sénégal, cela est lié à une mauvaise compréhension du chiffre. «Malheu­reusement, dans nos Etats, on n’a pas toujours une très bonne culture du chiffre», souligne M. Abdou Diouf qui s’exprimait vendredi dernier en marge de la première réunion du groupe de travail du Projet d’appui au suivi des Odd en Afrique (Sodda). Selon M. Diouf, assez souvent, les débats qui tournent autour du chiffre résultent dans bien des cas d’une incompréhension de la définition. «L’on veut souvent que les données reflètent nos aspirations alors que ces données, lorsqu’elles sont établies, le sont sur la base d’une norme internationale. La façon de déterminer le chômage par exemple se ferait de la même façon dans tous les pays pour qu’il puisse y avoir une comparaison. Il faut comprendre comment ces données sont générées. A défaut, on peut avoir une compréhension erronée. Dans bien des cas, les polémiques résultent d’une incompréhension de la méthode de collecte de ces données et aussi d’une mauvaise définition des sources. Pour chaque donnée, il y a une source qui est la mieux indiquée pour la donner», plaide M. Diouf. Pour le directeur adjoint d’Afristat, Paul-Henri Nguena Meye, les statistiques sont entièrement fiables à partir du moment où leur production a respecté les normes. «Des statistiques, il faut en connaître la source. Une statistique peut être produite au Sénégal, mais si c’est un organisme non habilité qui la produit, il y a des chances pour qu’elle ne soit pas de qualité.» Raison pour laquelle, selon M. Diouf, il revient aux professionnels du secteur de mieux faire connaître et développer la culture statistique.

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