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Le Sénégal est en pleine campagne pour la prochaine élection présidentielle prévue le 24 février 2019. Un événement qui intéresse plus d’un y compris les sportifs qui attendent beaucoup des candidats. Le Quotidien liste les doléances de certaines fédérations.

LE BASKET : Pour une subvention de l’Etat
Du côté du basket, on attend «la continuité en termes d’infrastructures». «Ce que le Président Macky Sall a accompli, je ne suis pas politique, mais en tant que président de fédération, c’est quand même appréciable», fait remarquer le patron de la balle orange, Me Babacar Ndiaye. Qui argumente : «Nous courions après une salle de basket digne de ce nom depuis presque 20 ans. Aujourd’hui avec le Dakar Arena, nous avons la plus belle salle d’Afrique. C’est un acquis important pour nous durant notre magistère», se réjouit-il.
Dans la même lancée, Me Ndiaye espère la même dynamique dans les autres régions et départements du Sénégal, avec d’autres salles de basket. C’est selon lui, la meilleure manière de permettre à la discipline de se développer davantage.
En termes de gestion des compétitions internationales, le président de la fédération note «une amélioration notoire des conditions de préparation et de participation». Mais, souligne-t-il, «nous aspirons toujours à un mieux-être. Augmenter ce qui existe déjà en termes de conditions de performance, de primes et de participations serait une bonne chose». Une forme de réponse à la concurrence attendue par rapport aux autres fédérations d’Afrique, à l’image du Nigeria, de l’Angola ou encore du Maroc. «Nous n’avons pas de subvention étatique annuelle, alors que les autres pays africains en ont pour faire face aux dépenses. Ce sont des pays qui ont une subvention de plusieurs milliards de francs Cfa par an. Aujourd’hui, c’est cette politique qui doit être mise en œuvre par le futur président de la République.»
Pour Me Ndiaye, «l’idée est de faire en sorte que les fédérations puissent avoir les moyens de leur politique. Nous cherchons notre propre moyen pour faire face à nos obligations. D’abord en organisant des compétitions nationales en première et deuxième divisions chez les filles et les garçons. Mais également en faisant en sorte que la formation de la petite catégorie puisse se développer et pour cela il faudrait qu’une subvention provienne des entreprises de l’Etat. «Il faut que le futur Président puisse demander aux sociétés d’Etat d’aider les fédérations. On peut choisir deux ou trois sous forme de sponsoring. Même si certaines comme le Port nous soutiennent et je tiens à les remercier», plaide l’avocat.
Au-delà, une augmentation du budget du ministère des Sports est perçue comme l’autre alternative pour aider au développement des fédérations. «Si au football, ils ont l’aide de la Fifa, au basket, ce n’est pas le cas», souligne Me Ndiaye.
Enfin, au futur Président, l’instance fédérale l’exhorte de tout mettre en œuvre pour l’organisation du prochain Afrobasket à Dakar Arena.

LE HANDBALL
Des salles multidisciplinaires dans toutes les capitales régionales
Aux candidats, le handball attend à ce qu’ils repositionnent le sport «au cœur de leur programme». Le sport en tant que «vecteur de lien social, en tant que réceptacle pour permettre à la jeunesse de vivre des passions saines, en tant que moyen de promouvoir la santé des populations, en tant qu’élément déterminant dans le positionnement de notre pays sur l’échelon continental et mondial», propose le président de la Fédé, Seydou Diouf. Ce sport qui, rappelle le fédéral, «a valu des résultats probants sur les scènes continentale et mondiale».
Le sport, poursuit M. Seydou Diouf, «c’est aussi une meilleure implication du Comité olympique (Cnoss), des fédérations sportives dans tout ce qui concerne les arbitrages, comme c’est le cas depuis des années. Il faut s’en réjouir et cela doit continuer».
Au-delà de la planification des activités internationales et de leur bonne prise en charge, renchérit le fédéral, «les projets de développement des fédérations doivent être accompagnés». Malheureusement, aujourd’hui, «c’est encore un maillon faible», déplore le président Diouf. «Les ressources dédiées à la promotion du sport à la base, sont des ressources extrêmement faibles qui ne permettent pas aujourd’hui aux secteurs de gérer cette question-là. Hors, la question qui constitue l’avenir du sport sénégalais, c’est comment faire en sorte d’essaimer dans les différentes disciplines sportives et partout à travers le pays, des structures d’accueil des jeunes pour les former dans des disciplines sportives.»
Au niveau de la discipline, l’instance fédérale s’active déjà dans le projet 2019-2022 sur une séquence temporaire de quatre ans avec des pôles d’excellence qu’on veut mettre en place ainsi qu’un Centre national d’entraînement. A savoir, comment prendre cela en charge et comment faire en sorte que d’ici 2022 où le Sénégal va organiser les Joj, du point de vue de la petite catégorie, les fédérations sportives concernées puissent mettre en place des programmes de développement.
Quid des infrastructures ? Sur cette question, du côté de la Fédération de handball, on se félicite des réalisations notées ces dernières années. «Jamais autant d’infrastructures n’ont été réalisées dans notre pays. Mais cet effort doit être poursuivi. Nous pensons qu’au handball, la réalisation de la salle de Iba Mar Diop constitue un enjeu majeur. Mais ce que nous souhaitons aussi, c’est que dans toutes les capitales régionales, que nous puissions avoir une salle multidisciplinaire. Cela est à la portée de l’Etat. C’est une question de vision, de volonté politique. Je sais que beaucoup de choses ont été réalisées au cours du mandat du Président Sall et je voudrais lui rendre hommage pour ça. Quand bien même nous sommes dans une élection présidentielle où il y a une pluralité de candidats», note le fédéral.
Toujours, au chapitre des attentes, la Fédération de handball espère le renforcement du ministère des Sports en ressources humaines. Surtout, souligne M. Diouf, «avec l’absence de Conseillers régionaux dans les disciplines sportives. Beaucoup de cadres sont partis à la retraite et ne sont pas remplacés».
Des enjeux de taille sur lesquels les différents candidats devraient se pencher afin de prendre le sport «dans sa dimension de contributeur au développement de ce pays, à l’émergence de notre pays qui se positionne de plus en plus sur les scènes continentale et mondiale».

L’ATHLÉTISME : Vivement des pistes praticables
Du côté de l’athlétisme, l’une des principales préoccupations réside sur l’absence de pistes praticables ; autant dans la capitale que quasiment dans les autres régions du pays. «La région de Dakar constitue la locomotive de l’athlétisme sénégalais, alors qu’il n’y a pas de piste d’athlétisme. La piste du stade Iba Mar Diop est dans un état de délabrement très avancé et la piste de Léopold Sédar Senghor n’est pas très praticable. Dans les régions, il y en a qui ont des pistes, mais elles ne sont pas équipées. Il n’y a que le tartan», souligne Sara Oualy. Si le stade Lat Dior de Thiès a été réfectionné, «l’athlétisme n’a pas été pris en compte puisqu’il n’y a pas de piste», déplore-t-il.
Avec l’annonce des autorités de réfectionner les deux stades en vue des Joj 2022, la Fédé espère «la construction d’un centre d’entraînement au stade Iba Mar Diop pour pouvoir ac­cueillir les jeunes qui sont sélectionnés» pour la compétition.
Sur le plan financier, la Fédé d’athlétisme semble souffrir du manque de moyens. «On donne une subvention de 500 000 francs Cfa par ligue. Mais ce n’est pas cet argent qui va développer l’athlétisme dans les régions», se désole-t-il.
Face à cela, difficile de trouver un salaire aux techniciens qui s’occupent régulièrement des athlètes. «Ce n’est pas comme au football où il suffit de vendre un joueur pour gagner de l’argent. Il n’y a que les entraîneurs d’Education physique qui sont payés. A partir de là, il est très difficile de motiver les entraîneurs», souligne M. Oualy. Comme alternative, l’instance fédérale noue des partenariats avec différents sponsors ou entreprises.
Fort de cela, le président de la Fédé d’athlétisme estime que «d’autres disciplines doivent être soutenues par l’Etat, comme le karaté, le handball…» En termes de recommandation, M. Oualy préconise le retour du Fonds de relance. «Il y a dix ans, il y avait le Fonds de relance qui s’élevait à 100 millions Cfa. Ce serait une bouffée d’oxygène pour nous», dira-t-il.

LE TRIATHLON : Pour un Centre d’excellence
Installée en octobre dernier, la toute nouvelle Fédération sénégalaise de triathlon surfe également sur l’organisation des prochains Joj pour espérer des lendemains meilleurs pour le sport sénégalais. «Il faut dire que le triathlon n’est pas une discipline très connue des Sénégalais. Mais, c’est une discipline olympique. Et avec l’organisation des Joj de 2022, cela devrait profiter à beaucoup de disciplines», analyse le président de la Fédé, Babacar Gaye, qui se dit quand même conscient que «ce n’est pas évident» pour une discipline qui vient juste de naître d’être soutenue à l’image des autres qui ont réalisé de grandes performances nationales et internationales.
Cependant, à l’endroit du prochain président de la République, le patron du triathlon sénégalais conseille une politique orientée vers la petite catégorie avec la création d’un Centre d’excellence destiné à toutes les disciplines. A l’image de l’Institut Diambars ou encore de Génération Foot en football. Une politique déjà adoptée par la Tunisie, l’une des meilleures nations africaines de triathlon. «Les champions de demain, on les prépare maintenant. Avec ce centre, on pourra former les espoirs de demain dans toutes les disciplines», propose M. Gaye.

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