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«Politisez-vous», ouvrage collectif de 10 jeunes Sénégalais, c’est aussi «Indignez-vous» de la génération de politiques post-indépendances «responsables du sous-développement du Sénégal». Mais des politiques comme Aïssata Tall Sall ne partagent pas ce constat.

Ils sont dix jeunes Sénégalais à prendre la plume pour prôner un engagement politique et non le rejet et le découragement de la chose politique. Dans Politisez-vous, un ouvrage collectif, édité par United press et présenté hier à L’Harmattan, les auteurs expriment l’urgence pour la jeunesse de «prendre position pour une politisation à une époque où la tentation de l’investissement dans d’autres champs d’action, ainsi que la dénonciation des dirigeants et des pratiques politiques semblent être les seules issues possibles». Pour eux, l’Afrique a un potentiel indéniable, mais fait également face à des défis multiples qui peuvent altérer son devenir. C’est aussi une forme de rejet de l’actuelle génération politique qui en serait responsable.
Mais voilà que cette pique ne pouvait manquer de réplique. Me El Amadou Sall du Parti démocratique sénégalais a exprimé sa perplexité d’entendre des jeunes qui ont le même âge que ses enfants se poser les mêmes questions que lui-même se posait en 1987, à savoir : «Face à une faillite politique, quelle réponse politique ?» Pour Felwine Sarr, la réponse est simple : «Si la question est revenue, c’est parce que les politiques n’ont pas fait ce qu’ils devaient faire.» Et l’un des 10 auteurs de Politisez-vous, Mohamed Bou­gar Sarr, s’est empressé de lister quelques maux qui sont encore actuels : «Les inégalités irriguent la colère, les hôpitaux sont des mouroirs, l’école sabordée depuis une vingtaine d’années.» Un autre auteur, Hamidou Anne, se veut plus incisif : «Les coupables sont les politiques de la génération de El Hadji Amadou Sall. On sort des indépendances, on a un pays à construire. Les bases ont été jetées par les pères-fondateurs et c’est votre génération qui ne parvient pas à transformer les choses. Elle subit les plans d’ajustement structurel, elle regarde les épidémies. Cette génération a été complètement soumise aux grands organismes internationaux. Elle est la pire que l’Afrique ait connue», a lancé le consultant sous les applaudissements du public majoritairement composé de jeunes.
Un point de vue que Me Aïssata Tall Sall ne partage pas. «Il faut voir cela avec beaucoup de modestie et de réalisme. C’est vrai que sur le plan économique, elle (cette génération) a failli, mais elle a aussi construit sur le plan politique ce pays qui permet tout ce que nous sommes en train de vivre», a nuancé le leader d’Osez l’avenir qui, cependant, a encouragé les auteurs de Politisez-vous qui ont «le mérite d’inviter la jeunesse à s’intéresser à la politique».
mgaye@lequotidien.sn

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