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Les députés se sont alarmés hier du changement climatique et ont proposé des pistes de solutions lors du vote du budget 2019 du ministère de l’Environ­nement et du développement durable, arrêté à 25 milliards 767 millions 789 mille 100 francs Cfa.

Le budget 2019 du ministère de l’Environnement et du développement durable, voté hier à l’Assemblée nationale, s’élève à 25 milliards 767 millions 789 mille 100 francs contre 21 milliards 573 millions 882 mille 060 francs Cfa pour 2018. Soit une hausse de 4 milliards 193 millions 907 mille 040 francs en valeur absolue et 19,44% en valeur relative. Malgré cette hausse, les députés ont, dans leurs interventions, déploré son insuffisance, particulièrement la baisse des dépenses en capital sur des ressources internes et des dépenses de fonctionnement. Ainsi, ils ont plaidé pour davantage de ressources pour particulièrement le département des Eaux et forêts.
La pollution atmosphérique et des eaux a aussi préoccupé les représentants du Peuple qui ont mis l’accent sur la vétusté du parc automobile et des industries pour la pollution atmosphérique et l’inexistence ou insuffisance d’assainissement dans certaines zones, mais aussi le rejet de déchets partout et l’utilisation des sachets plastiques malgré l’interdiction par la loi. «Dakar est certes une ville polluée, mais il ne faut pas exagérer, elle ne fait pas partie des villes les plus polluées au monde. Loin de là», s’est défendu Mame Thierno Dieng. Selon le ministre de l’Environnement, le Sénégal fait partie des rares pays africains qui disposent d’un observatoire pour mesurer la qualité de l’air.

«Un Sénégalais, un arbre»
Les feux de brousse, l’exploitation abusive des forêts, surtout classées, l’érosion côtière ont aussi préoccupé les députés qui ont proposé, entre autres solutions, de mettre l’accent sur le reboisement. A cet effet, l’honorable député Amy Ndiaye Gnibi a fait une proposition approuvée par son camarade Cheikh Bamba Dièye et une approbation du ministre de l’Environnement. Mme Ndiaye a invité l’autorité à s’inspirer du slogan israélien «un juif, un arbre» pour en faire «un Sénégalais, un arbre» et de bien les entretenir. «Vous pouvez le commencer par Touba, Tivaouane, Ndiassane, Kaolack…, puisque quand on est inquiet, on sollicite ces foyers religieux. Si on veut réussir ces genres de programmes importants, on devrait les commencer par ces foyers religieux. Un Mouride un arbre bien entretenu, et le Sénégal sera vert», a suggéré la députée. Mamadou Diop Decroix voit la solution dans l’éducation des populations et leur organisation pour prendre en charge les questions environnementales. «Le budget, quel qu’il soit, ne peut régler cette question si les populations ne s’approprient pas l’environnement», propose le député.
La brèche de Saint-Louis qui continue de charrier la colère des populations à cause des accidents, dont le dernier a provoqué la mort de 3 pêcheurs, a passionné les parlementaires. En réponse, Mame Thierno Dieng charge l’ancien régime : «Cette brèche ouverte en 2003 n’aurait jamais dû l’être.» Cependant, Cheikh Bamba Dièye pense que cette question essentiellement importante et stratégique mérite une prise en charge sérieuse par l’Etat : «Celui qui peut faire un Eurobond de 1 400 milliards F Cfa pour construire un Train express régional ne doit éprouver des difficultés pour faire un autre Eurobond d’environ 100 milliards pour protéger les Sénégalais.»
ksonko@lequotidien.sn

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