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Un orpailleur à l’œuvre à Kédougou.

Sites d’orpaillage, les régions de Kédougou et de Tambacounda sont les zones les plus affectées par l’utilisation du mercure. Les risques sur les populations sont énormes : cancer, troubles nerveux etc.

Au-delà des risques liés à la recherche d’or, les orpailleurs des régions de Tambacounda et de Kédougou font face à la menace de l’utilisation du mercure. Ce métal liquide à température ambiante, brillant et blanc argenté, est source d’implications négatives sur la santé des populations. D’après Jost Dittkrist, coordonnateur de projet sur le mercure à l’Institut des Nations-unies pour la formation et la recherche (Unitar), le Sénégal émet 26 tonnes de mercure par an. Son enquête publiée hier lors de l’atelier d’examen de rapports et de validation du profil national sur le mercure, révèle que les zones les plus touchées par l’utilisation du mercure se trouvent dans l’Est du Sénégal. «Kédougou et Tambacounda sont les zones les plus affectées à cause de l’orpaillage. On utilise le mercure pour extraire l’or», souligne, Mariline Diara, directrice de l’Environnement et des établissements classés.
Au niveau du Sénégal, le mercure est à l’origine de nombreux problèmes de santé. «Cette matière est à l’origine de troubles du système nerveux et peut entrainer le cancer. Dans le domaine médical, on utilisait le thermomètre à mercure. Après, on l’a remplacé par des thermomètres digitaux. Dans le domaine dentaire, on l’utilise avec l’amalgame dentaire», explique Mme Diara. Avant de poursuivre : «Le mercure est un métal lourd qui reste dans l’organisme. Il s’accumule dans l’organisme qui ne peut pas le digérer. Il entraine des implications sur la santé des populations. Cela n’entraine pas la mort directement mais provoque des handicaps qui petit à petit peuvent amener le décès.» Afin de protéger les populations, l’Etat du Sénégal a ratifié la Convention de Minamata, un traité mondial visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions de mercure. Les points importants de la convention  comprennent une interdiction de la création de nouvelles mines de mercure, l’élimination de celles déjà existantes, la suppression et la réduction progressive de l’utilisation de mercure dans un certain nombre de produits, des mesures de contrôle des émissions dans l’air et des rejets dans le sol et l’eau, et la nécessité d’un développement des contrôles nationaux sur l’extraction artisanale et de l’or à petite échelle.
Toutefois, la disparition progressive de cette matière va entrainer un vide chez les orpailleurs qui l’utilisent. «Pour l’extraction d’or, on a travaillé avec différents bailleurs de fonds à la mise en place d’un autre produit autre que le mercure. Ce sont des moyens qui ne demandent que très peu voire sans l’utilisation du mercure. On a fait cela sur le site de Kédougou et les résultats sont très intéressants», rassure Mariline Diara.

bgdiop@lequotidien.sn

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