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L’accord que Mamadou Talla a signé avec l’Institut Sainte Jeanne d’Arc entérine l’application du Règlement intérieur (Ri) interdisant le port du voile. Finalement, les 22 filles restent sursitaires pendant 9 mois au bout desquels le Ri sera appliqué dès la rentrée prochaine.

C’était hier la rentrée des filles voilées de l’Institut Sainte Jeanne d’Arc, qui a réussi à décrocher un accord, qui lui permettra d’appliquer son Règlement intérieur dès la prochaine rentrée. Comme l’a révélé hier le journal Source A, l’établissement a décidé d’accepter les 22 filles concernées pour la durée exclusive de l’année scolaire 2019-2020, «si et seulement si elles et leurs parents consentent aux conditions fixées par l’établissement». «Les élèves concernées auront la licence d’assortir leurs uniformes du foulard des dimensions modérées que l’établissement leur aura fournies avec l’optique de leur permettre de couvrir leurs cheveux sans obstruer en aucune partie la tenue qui constitue un uniforme pour la totalité de nos élèves», dit l’Isja dans une note envoyée aux parents d’élèves. Dans cette dynamique de dérogation, la famille de chaque élève concernée par la mesure sera «reçue par la direction de l’établissement en présence de l’inspecteur d’académie en vue d’un rappel des règles de comportement et de vivre-ensemble en vigueur au sein de l’établissement auxquelles ces élèves n’auront pas le droit de déroger non plus que n’importe quel autre élève de l’établissement».
C’est donc ça l’accord obtenu par Mamadou Talla, qui vient d’ouvrir la boite à Pandore. En clair, l’établissement a gagné la bataille, autrement dit le Règlement intérieur sera appliqué intégralement dès la prochaine rentrée. D’après l’Isja, l’accord a reçu l’aval du ministère de l’Education nationale, qui a négocié pendant des semaines avec l’école avant d’obtenir un sursis pour ces élèves au bout de la nuit. Après des jours d’agitation. En plus, son application sera soumise au contrôle de l’inspecteur d’Académie de Dakar, qui se retrouvera à jouer le rôle de cerbère. «Le respect de ces conditions sera garanti par l’inspecteur d’Académie que la direction de l’établissement alertera avec diligence en cas de manquement caractérisé d’une élève aux conditions d’octroi et de maintien de la dérogation mentionnée», indique-t-on dans la même source. «Afin que nul ne l’ignore, ou ne puisse en prétexter l’ignorance, nous rappelons que l’une des conditions dirimantes des mesures transitoires précitées est qu’au dernier jour, inclus de la présente année scolaire 2019-2020, la dérogation octroyée deviendra caduque et ne sera en aucune façon renouvelée pour la rentrée 2020-2021», alerte la correspondance de Jeanne d’Arc. Au vu cette derrière phrase, tout ce débat exacerbé par des interprétations socioreligieuses, aurait pu être évité si l’Etat savait que l’école est dans son droit. Son Règlement intérieur prime-t-il sur la Constitution ? Evi­demment, si l’on croit l’accord conclu par M. Talla dans l’intimité de son bureau à Diamniadio, qui a juste réussi à obtenir une année scolaire de transition pour ces élèves. Qui, faut-il le souligner, doivent commencer à chercher des écoles alternatives si elles veulent continuer à porter leur voile. Car, l’établissement scolaire catholique estime «qu’avec l’année pleine et entière qui nous sépare encore de la rentrée 2020-2021, toutes les familles, sans exception, qui ne partagent pas son projet éducatif, auront incontestablement disposé de plus de temps qu’il ne faut pour considérer et exercer leurs options alternatives. Ce qui ne devrait être difficile étant donné qu’il en existe fort heureusement de nombreuses et de grande qualité dans le système éducatif Sénégalais». 9 mois de répit…

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