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Son nom sera gravé en lettres d’or dans les annales du secteur de l’éducation. Assane Ndiaye est le premier Sénégalais à remporter le Grand prix du chef de l’Etat qui consacre le meilleur enseignant du pays. Educateur hors pair, il fait la fierté de sa famille et ses collègues. Et désormais du Sénégal.

Il y a avant tout une dose de foi dans son discours. Il dit : «Je remercie le seigneur qui m’a permis d’être là et d’être sacré meilleur enseignant du Sénégal pour la première édition du Grand prix chef de l’Etat pour l’enseignant. C’est dans la persévérance que l’on bâtit soi-même l’édifice de son existence. Il faut travailler et croire au culte du travail et faire la formule de Voltaire qui dit : “Le succès est la combine de trois facteurs que sont le travail, le talent et la chance“.» Ce sont des mots d’un homme heureux et apaisé. Le discours du premier lauréat du Grand prix du chef de l’Etat pour l’enseignant est une copie propre. Elle est aussi propre que sa carrière déjà bien remplie. Assane Ndiaye a depuis le début de sa vie professionnelle privilégié deux mots : Per­sévérance et travail. Aujourd’hui, le professeur de français récolte les fruits de cette devise. Depuis 27 années, dont quatre au secondaire, il n’a jamais dévié de cette ligne. Que de chemins parcourus pour ce natif de Matam qui a suivi son pater policier au grès de ses affectations.
Deuxième fils d’une fratrie nombreuse, Assane Ndiaye est décrit par sa sœur utérine, Khady Ndiaye, comme un homme bien. Elle embraie : «C’est un homme qui aime le travail. Il donne des cours gratuitement aux élèves et encadre aussi gratuitement ses collègues. C’est lui qui soutient la famille. D’ailleurs, il continue d’habiter la maison familiale alors qu’il a déjà construit sa propre maison. Pour lui, il ne veut pas que ses parents souffrent de son départ. Très généreux, c’est lui qui assure la dépense quotidienne.» Ça c’est le côté humain de l’homme. Marié à quatre épouses, il fait l’unanimité auprès de ses pairs qui l’ont pratiqué. Abdoulaye Diagne, surveillant au Lycée Mbacké 2, établissement où enseigne Assane Ndiaye : «C’est une personne très loyale, sérieuse, travailleuse, assidue et engagée pour la cause de l’école. Partout où il est passé, Assane Ndiaye a imprimé sa marque. C’est le cas notamment à l’école Gouye Gui dans le département de Mbacké où l’aspect environnemental est respecté.» Physique de sahélien, avec des lunettes noires qui cachent un handicap visuel, Assane Ndiaye a fait du chemin avant de devenir professeur d’enseignement secondaire. Brillant esprit, il décroche son Baccalauréat en candidature libre. Instituteur adjoint, il passera avec brio les examens du Brevet supérieur Bs1 et Bs2, équivalent du Certificat d’aptitude pédagogique. Chez ses collègues, fait très rarissime, il fait l’unanimité. Un enseignant, sous couvert de l’anonymat, témoigne : «C’est un bon enseignant, quelqu’un que personne ne peut contester. C’est un éducateur dans l’âme. Sa vie, c’est l’enseignement. On ne le voit jamais dans les activités politiques ou syndicales, il consacre tout son temps à l’enseignement.» A 51 ans, il est riche en relations humaines, capable de fédérer les enthousiasmes des ados, de ses collègues et de tous ceux qui croisent sa route. Mouride convaincu, il n’hésite pas à clamer : «Je suis riche : j’ai Serigne Saliou.» Et il a depuis hier un prix et un chèque de 10 millions de F Cfa.
badiallo@lequotidien.sn

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