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Le karaté ne sera pas représenté aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Il a été remplacé par le breakdance. C’est la décision prise par le Comité d’organisation des Jeux Olympiques (Cojo) de Paris 2024, en fin de semaine dernière. Du coup, c’est le rêve de milliers de jeunes karatékas qui vient de se briser pour une discipline spectaculaire et populaire à travers le monde.
Suffisant pour que l’exaspération et l’incompréhension gagnent le monde du karaté. C’est le cas de Souleymane Gaye, ancien président de la Fédération sénégalaise de karaté et actuel membre de la Fédération internationale.
«C’est une déception. Quand on regarde l’envergure du karaté, on ne peut pas le comparer à de petites disciplines. Il y a un problème de choix. On ne peut pas mettre le karaté au même niveau que ces fédérations», se désole M. Gaye qui dénonce la démarche tout en fustigeant la décision des membres du Comité d’organisation des Jo 2024. «Les dirigeants français ont approché le Comité d’organisation et leur ont dit : «Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles parce que votre dossier est très solide et qu’on ne peut pas se passer du karaté. Vous remplissez toutes les conditions pour participer à 2024»», raconte M. Gaye. Avant d’ajouter : «Le souci au niveau mondial était de sécuriser Dakar 2022 et ensuite Los Angeles pour 2028 parce que pour nous, c’était gagner d’avance.» La surprise sera finalement grande avec la décision prise de remplacer le karaté par le breakdanse, «une discipline artistique et non sportive avec un effectif de 2500 licenciés sur toute la France».
Par ailleurs, le vice-président l’Union africaine de karaté souligne qu’«en Afrique, il n’y a que deux pays qui ont une fédération de breakdanse acceptée. C’est l’Afrique du Sud et le Botswana. Ce qui veut dire qu’en acceptant cette discipline, l’Afrique est exclue d’office par rapport aux Jeux».

Le choix définitif par le Cio
Pays hôte des Jeux Olympiques, la France, «fait partie des quatre premières fédérations au niveau mondial, ce qui fait qu’il est difficile de faire abstraction de cette discipline. Le pays est sûr d’avoir au moins des médailles. Sans compter qu’elle a au moins 250 000 licenciés», précise M. Gaye. D’ailleurs, le président de la Fédé française n’a pas manqué de faire part également de son indignation. «Nous sommes une fédération plurielle, forte, qui s’est relevée plusieurs fois et qui se relèvera encore. Nous défendons des valeurs de respect, de courage, de sincérité… toutes inscrites dans notre code moral, socle de notre pratique. Aujourd’hui, je pense aux licenciés, aux bénévoles, à tous les passionnés qui ne pourront pas voir notre discipline, leur discipline, briller dans la capitale française en 2024. J’ai une pensée également pour tous nos athlètes qui se faisaient une joie de combattre en France devant des millions de téléspectateurs», a regretté Francis Didier, président de la Fédération française de karaté.
Souleymane Gaye de regretter une telle décision au moment où «l’Afrique vient d’enregistrer ses premières médailles olympiques avec les Juniors du Maroc à Buenos Aires».
Reste à savoir si les nombreuses réactions enregistrées à travers le monde suffiront à ramener la discipline au cœur des Jeux de Paris. «Le retrait n’est pas définitif. Nous allons attendre le choix définitif par le Cio, qui va se réunir durant ce mois de mars, sur les disciplines qui vont participer à Paris 2024», rassure M. Gaye.
wdiallo@lequotidien.sn

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