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Le secteur postal sénégalais, malgré les avancées qui y sont notées, demeure étranglé par une réglementation jugée obsolète.

Au Sénégal, le secteur postal avance, mais timidement. Cette lenteur est surtout liée aux faiblesses notées dans la réglementation. Dans la phase ex-ante par exemple, beaucoup reste à faire. Entre autres défis, M. Diouf, directeur de la Régulation postale de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), qui intervenait le mercredi dernier au 4e Forum d’échanges et de partage avec des journalistes sur les secteurs régulés, a souligné que le décret qui institue le Fonds postal universel ainsi que la Convention de concession de service public des postes ne sont toujours pas signés.
L’autre texte que les autorités devaient approuver et qui ne l’est toujours pas, c’est l’arrêté devant régir la question des redevances dans le secteur postal. Pis, a déploré M. Diouf, «la loi 2006-01 portant Code des postes est obsolète, parce que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis 2006». Pour lui, «il est temps que les pouvoirs publics comprennent l’enjeu et l’importance de ce secteur pour le développement de notre pays. En effet, le secteur peut s’appuyer sur plusieurs leviers pour booster l’économie sénégalaise. A travers les réseaux de la Poste, on peut proposer beaucoup de services. La Poste peut également être un partenaire privilégié des pouvoirs publics pour l’exécution des politiques nationales. Le développement du pays doit passer par ce secteur, mais faudrait-il que les gens aient conscience de cela».

Baisse de 1% du nombre de points
En ce qui concerne l’évolution du secteur en 2017, 565 établissements postaux ont été dénombrés dans le réseau de distribution, dont les 43% sont répartis à Dakar et le reste dans les autres régions. Cependant, on note une baisse de 1% du nombre des points de contact entre 2016 et 2017. Ce recul est lié, d’après Omar Diop, chef du Service contrôle tarifaire et audit à la direction de la Régulation postale, à la fermeture de quelques points implantés au niveau des prestataires de services établis à Dakar.

Hausse de 28% du chiffre d’affaires du secteur
Les revenus du marché postal sont estimés à plus de 34 milliards de francs Cfa en 2017, soit une hausse de 28% comparativement à 2016. M. Diop explique que 78% de ces revenus sont générés par l’opérateur public, les treize opérateurs titulaires de licence contribuent à hauteur de 22% des revenus du secteur postal.
Sur le segment de marché de l’express, l’activité des opérateurs titulaires de licence a généré des revenus estimés à 7,566 milliards de francs Cfa. Une hausse du chiffre d’affaires de 8% est notée par rapport à 2016.
Les revenus des activités d’envois internationaux constituent 90% du chiffre d’affaires global du segment de l’express.
Aux termes de l’exercice de l’année 2017, les investissements des opérateurs postaux s’élèvent à plus de 1,4 milliard de francs Cfa, soit une augmentation de 18% par rapport à 2016.
Selon le chef du Service contrôle tarifaire et audit, cette croissance est provoquée par une appréciation du montant des investissements de l’opérateur historique et de certains opérateurs titulaires de licence.
Les investissements concernent principalement le matériel d’exploitation postale, l’acquisition d’un nombre important de camions pour effectuer le transport des grosses marchandises ainsi que la construction d’entrepôts dans les régions.
Les emplois liés à l’activité postale sont estimés à plus de 3 200 emplois permanents, 892 emplois temporaires et 697 prestataires de services.
La société nationale compte 3 008 contrats à durée indéterminée, 619 contrats à durée déterminée et un nombre important de prestataires.
Pour ce qui est du marché de l’express (opérateurs privés, titulaires de licence), il comptabilise 462 emplois.
dialigue@lequotidien.sn

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