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La prévenue Nogoye Sène, malgré ses nombreuses maternités, ne sait pas que la vie humaine est sacrée. Elle l’a appris hier à ses dépens. Elle a été condamnée à 2 ans dont 2 mois ferme pour avoir abandonné son enfant dans un lieu solitaire.

«Abandon d’un enfant dans un lieu solitaire par ascendant.» C’est le délit reproché à Nogoye Sène. Cette dame, qui a déjà connu trois maternités, a contracté une 4e grossesse des faits d’un certain Mbaye Sène. Mais, comme ce dernier a refusé de reconnaître la paternité de l’enfant, et pour ne pas faire l’objet de stigmatisation de la part des membres de sa famille et  être la risée du voisinage, elle a caché sa grossesse. Le jour de la délivrance, Nogoye Sène a simulé un mal de dent. C’est ainsi qu’elle s’est rendue à la terrasse de leur maison. Après avoir accouché seule d’une jolie petite fille, elle l’a emmaillotée et  a nettoyé les lieux avant de s’en débarrasser en allant jeter l’enfant dans un champ de patates dernière leur maison. Comme un crime n’est jamais parfait, à son  retour, elle a croisé deux garçons à qui elle a avoué l’acte qu’elle venait de poser.
Interpellée par la police, la prévenue a reconnu sans ambages les faits. Hier, devant la barre du Tribunal, elle a réitéré ses déclarations en arguant ne pas savoir ce qui l’a poussée à poser un tel geste.  A la question de savoir si elle a fait des consultations durant sa grossesse, elle a répondu par la négative sous prétexte qu’elle ne disposait pas de moyens pour le faire. Des allégations qui n’ont pas convaincu le Parquet. Selon le ministère public, Nogoye Sène a mûri son geste sinon elle n’aurait pas caché sa grossesse à ses parents. Pour lui,  l’intention est manifeste : «Nogoye Sène voulait simplement se débarrasser de l’enfant qui n’a pas de père», dit-il en demandant de retenir sa culpabilité et de la condamner à 2 ans dont 1 an ferme. Selon l’avocat de la défense, la prévenue est une simple victime. «Elle est en état de grossesse des œuvres d’un homme irresponsable», dit-il. Si ce dernier, poursuit-il, avait endossé ses responsabilités, elle n’allait pas cacher sa grossesse encore moins jeter son enfant. Elle l’a fait, croit-il savoir, pour ne pas être victime de stigmatisation de la part de ses parents. Et ce qui atteste qu’elle n’est pas une délinquante, plaide l’avocat, qui soutient qu’elle n’a pas tenté d’avorter et de tuer l’enfant après sa naissance. Me Tall motive : «La condamner serait condamner sa fille qui vient de naitre et qu’elle a reprise en lui donnant le sein. En invitant le Tribunal à ne pas ôter ce droit à l’enfant que Dieu a sauvé.»  Il a plaidé  sa libération à titre humanitaire. Mais, le juge l’a condamnée à 2 ans dont 2 mois ferme.
justin@lequotidien.sn

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