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La commerciale Soda Thiam ne passera pas les fêtes de fin d’année en famille. Elle a été condamnée hier par le juge du Tribunal des flagrants délits de grande instance de Dakar à 2 mois de prison ferme pour abus de confiance portant sur la somme de 5 millions 850 mille 640 francs au préjudice de son employeur. Soda Thiam, qui jouit d’un contrat à durée indéterminée avec la société Cda, a pour mission de vendre les produits de ladite société à des commerçants. C’est ainsi qu’elle a reçu des marchandises à charge de les vendre et de reverser l’argent encaissé auprès des acheteurs. Mais depuis un certain temps, la société Cda a constaté des manquements. Et pour se faire une idée nette, elle a procédé à un contrôle d’expertise. Le résultat était effarent : C’est un trou de plus de 5 millions de francs qui a été découvert.
Interpellée, la prévenue a déclaré qu’elle a livré des marchandises à certains de ses clients qu’elle n’a pas encore recouvrées. Pour certifier ses déclarations, la Cda, en compagnie de son agent, s’est rendue auprès desdits clients qui ont comparu d’ailleurs hier à titre de témoin. Mais ce n’était que de la poudre aux yeux, car ces derniers ont révélé avoir reçu la marchandise et qu’ils ont intégralement payé avec des factures à l’appui. Confondue, Soda Thiam a donné sa langue au chat. Elle n’arrive pas à dire où se trouve l’argent qu’elle a encaissé. C’est sur ces entrefaites que la société Cda qui comptait résoudre cette affaire à l’amiable au cas où elle disait la vérité, en signant une reconnaissance de dette, a décidé de la traduire devant la justice.
Elle comparaissait hier pour abus de confiance, faux et usage de faux dans un document commercial. Devant la barre, la commerciale a servi une autre déclaration. Ne pouvant pas rejeter les déclarations des témoins, Soda Thiam a reconnu enfin avoir reçu de l’argent des mains de ces derniers. Seulement, elle prétend l’avoir reversé sans être en mesure de dire auprès de qui et de brandir ses preuves. La partie civile a réclamé en guise de réparation le montant du préjudice causé.
Selon le maître des poursuites, il y a bel et bien un détournement. «Elle n’a pas rapporté la preuve qui peut justifier l’absence d’exécution», a dit le procureur. Il pense aussi que le faux est établi à son encontre. C’est pourquoi il a requis 6 mois de prison ferme. Mais du côté de la défense, on pense qu’aucune preuve n’a été rapportée sur la culpabilité de la prévenue.  Elle a plaidé la relaxe pure et simple. Un avis qui n’a pas été partagé par le Tribunal qui l’a condamnée à 2 ans ferme.
justin@lequotidien.sn

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