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Hier, le procureur a requis une peine de 4 ans ferme contre Charbel Youssef Ayeche. Il est poursuivi pour les délits d’abus de confiance, d’escroquerie, de faux et usage de faux dans une écriture privée, blanchiment de capitaux portant sur plus de 600 millions de francs Cfa. La chambre correctionnelle va délibérer sur l’affaire le 13 décembre.

Le prévenu Charbel Youssef Ayeche a été poursuivi pour plus de 687 millions F Cfa par la société Imafer. Le Sénégalo-Libanais risque ainsi 4 ans de prison ferme. Le représentant du ministère public a requis les peines de 2 ans, 2 ans, 3 ans et 4 ans ferme respectivement pour les délits d’abus de confiance, d’escroquerie, de faux et usage de faux dans une écriture privée, blanchiment de capitaux. Il a ordonné en même temps la confusion des peines, donc la sanction la plus élevée est alors retenue dans ce cas. Le maître des poursuites a également demandé une amende qui équivaut au triple de la valeur des biens du prévenu dont la confiscation a été sollicitée.
Dans son réquisitoire, le procureur a donné les motivations pour rentrer en voie de condamnation, infraction par infraction. Selon lui, le prévenu a reconnu l’existence d’une relation de travail avec la partie civile et que «cette relation de travail ne souffre d’aucune contestation». Il y a escroquerie, dit-il, parce qu’un client malien du nom de Lansana Sylla a porté plainte pour avoir remis 13 millions de francs Cfa, montant d’une commande de fer que le mis en cause n’a pas versé. Pour le délit de faux et usage de faux, le procureur estime que les faits sont établis. D’après lui, le prévenu détournait les chauffeurs, procédait au changement de bordereau avec un «faux» cachet pour encaisser l’argent remis par les clients pour la société. Et il poursuit que l’infraction de blanchiment de capitaux est aussi constante. Car, retient-il, le prévenu a reconnu avoir acquis une maison d’une valeur de plus de 90 millions de francs Cfa aux Mamelles, 12 terrains dans la zone de Maraud land. Des titres établis au nom d’enfants mineurs et aujourd’hui qui font l’objet d’une saisie conservatoire du magistrat-instructeur. «Il s’agit de déguiser l’origine illicite des biens. Vous avez devant vous un prévenu totalement versatile. Tantôt il reconnaît, tantôt il conteste. C’est quelqu’un qui pense qu’il est plus intelligent que tout le monde. Il s’est défendu mais il n’a pas emporté la conviction du ministère public», a ajouté le procureur.
La partie civile, Mounir Kawar, par le biais de ses avocats, a réclamé la somme de 700 millions de francs Cfa pour toutes causes et préjudices subis. D’après les avocats du plaignant, dans un enregistrement audio qui n’a jamais été contesté, le prévenu reconnaît qu’il est l’auteur de toutes ces malversations. Par ailleurs, selon toujours la partie civile, Charbel Youssef Ayeche, en plus des biens cités ci-dessus, reconnaît avoir acheté une voiture d’une valeur de 7 millions à son papa et un véhicule de 15 millions de francs Cfa à son épouse. «En deux ans, on ne peut pas gagner autant d’argent au Mali. Les faits sont là. Ils sont têtus et constants. Il était un employé. Et il a profité de ce statut pour détourner tout cet argent», a avancé un des conseillers de Mounir Kawar. La partie civile a indiqué au tribunal que sur ce «trou béant de plus de 600 millions» constaté, le mis en cause a remboursé la somme de 78 millions de franc Cfa. D’après le témoin, Ousmane Guèye, responsable d’achat à Imafer, le prévenu avait au cours d’une réunion tenue à Bamako reconnu avoir commis des forfaits. Mais, le concerné ne reconnaît que la somme de 122 millions de francs Cfa qu’il doit à la société. Il dit qu’il ne l’a pas détournée mais qu’il s’agit d’une différence constatée entre les clients et la société. «Il n’y a pas eu de détournement encore moins de reconnaissance de détournement. On parle de détournement sans preuve, pas d’expertise. La preuve n’a pas été rapportée qu’il a détourné de l’argent», a expliqué la défense. Elle estime que les deux sociétés créées par leur client étaient bien connues de la partie civile. «Et c’était pour frauder le fisc malien», dit-elle. Les avocats ont plaidé une application bienveillante de la loi pénale. Délibéré au 13 décembre 2018.
msakine@lequotidien.sn

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