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La situation qui prévaut dans le secteur de la santé inquiète le Syndicat démocratique des travailleurs de la santé et du secteur social (Sdt-3S). En Conseil national syndical (Cns), les membres de cette organisation ont passé en revue les nombreux problèmes qui secouent le secteur. Lors de cette rencontre, ils ont également fait état «du non-respect des engagements pris par les pouvoirs publics et des dysfonctionnements inquiétants observés dans la mise en œuvre des réformes et autres initiatives gouvernementales (Cmu et autres initiatives de gratuité, Acte 3 de la décentralisation…)». Le Conseil syndical national qui soutient que leur plateforme revendicative «n’a connu aucune suite acceptable de la part des autorités de tutelle» a mandaté son bureau national «à prendre toutes les dispositions utiles pour contribuer à la création d’un front unique à travers des unités d’actions avec les autres syndicats de la santé et du secteur social à tous les niveaux». Cela, dans le but «de faire aboutir le stock de revendications non encore satisfaites, d’abréger la souffrance des populations et de remettre au travail les agents dudit secteur». Dans le cadre de leur lutte, ils ont également décidé d’appliquer la rétention d’informations sur tout le territoire national à partir de ce 1er octobre. Mandat a aussi été donné au bureau pour définir les plans d’actions de lutte d’ici la prochaine rencontre du Conseil national syndical.

Rétention d’informations sur tout le territoire national
Parlant des dysfonctionnements et du non-respect des engagements pris par l’Etat, les syndicalistes soulignent qu’ils sont «à l’origine d’une vive agitation syndicale et d’une crise sociale assez préoccupante impactant le fonctionnement des structures de santé». Les membres de cette organisation ont ainsi déploré la rupture notée dans la disponibilité de certains médicaments comme les antirétroviraux.
Abordant cette question, les syndicalistes ont regretté «l’attitude de fonctionnaires qui, par leur manque d’anticipation et de prévenance, sont en train de mettre en danger la vie d’autrui». Analysant la situation, ils estiment que «tout laisse croire que le mot d’ordre c’est de laisser mourir le service public de la santé et de promouvoir un secteur privé de la santé lucratif, mais inaccessible à l’écrasante majorité de la population». Au regard de tous ces problèmes qui secouent le système de santé du pays, le Conseil national syndical du Sdt-3S considère qu’au Sénégal «la construction d’infrastructures sportives pour un cumul de plus de 120 milliards est plus importante que celle d’hôpitaux de niveau 3 dont le coût unitaire ne dépasserait pas 15 milliards». De même, les membres dudit syndicat estiment «qu’au Sénégal, doter la gendarmerie et la police de chars anti-émeute et d’équipements de répression est plus important que d’équiper nos structures de santé en matériels adéquats». Très remontés contre les autorités du pays, les syndicalistes considèrent «qu’au Sénégal les lois sur le travail sont délibérément violées par l’Adminis­tration qui est pourtant chargée de les appliquer». Selon eux, «recruter la clientèle politique est plus juste et productif que de respecter les lois du travail que nous nous sommes librement dotés». Dans son document, le Sdt-3S a aussi déploré «l’iniquité dans le traitement salarial des agents de la fonction publique et ceux du même secteur (santé)».
dkane@lequotidien.sn

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