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Ibrahima Sylla, Ibrahima Camara, Amadou Tidiane Cissé, Talla Diagne, Sidya Guèye et Amidou Hann ont comparu pour association de malfaiteurs, trafic de faux billets et recel. Tout ce beau monde risque des peines allant de 6 mois à 2 ans de prison. Leurs ennuis judiciaires ont commencé dans la nuit du 22 au 23 décembre. Au cours d’une patrouille de routine aux alentours de la place de l’indépendance, les éléments de la Brigade de recherche et d’intervention de la Dic, sont tombés sur une altercation entre un boutiquier et deux jeunes. En fait, ces derniers avaient remis au boutiquier un faux billet de 10.000 francs. Le vendeur ne s’est pas fait de la peine pour se rendre compte qu’il s’agit d’un faux. Il s’en est alors suivi une bagarre à l’issue de laquelle, les limiers ont intervenu pour calmer les jeunes. Ibrahima Sylla et Ibrahima Camara ont ainsi été arrêtés. Une fouille corporelle a permis de trouver par devers eux 11 billets de 10 mille F Cfa qui, en réalité, étaient tous des faux. L’enquête, qui a été ouverte, a permis d’interpeller Amadou Tidiane Cissé, Talla Diagne et Sidya Guèye ainsi que le bijoutier Hamidou Hann. Les langues ont commencé à se délier.
Ibrahima Sylla le plus jeune de cette bande, qui était envoyé par ses parents à Coki pour étudier le coran avait fugué. Ap­pa­remment, il n’a rien appris de son maître coranique. Car une fois chez lui, ce jeune dont les parents voulaient faire bénéficier une éducation religieuse, s’est distingué en un vulgaire voleur. Sa maman est la première à faire les frais de cet enfant, qui est sorti du droit chemin pour emprunter celui de la tortuosité. Il a volé tous les bijoux en or de sa mère qu’il a vendus à 1 200 000 francs. Ainsi, il a commencé à mener une belle vie. S’étant rapproché de lui, Sidya Guèye lui a dit qu’il connaissait une personne qui pouvait multiplier les billets afin de le rendre plus riche. Sans mesurer les conséquences, Ibrahima Sylla a cédé à la tentation. C’est ainsi que Sidya Guèye l’a mis en rapport avec un lutteur, lequel l’a mis en rapport avec Amadou Tidiane Cissé qui se faisait passer pour un marabout. En réalité, ce dernier qui travaille en collaboration avec Talla Diagne sur une affaire de faux billets, leur a fourni ces billets saisis. Dans cette histoire, même El Hadji Amidou Hann qui se trouve être un bijoutier n’a pas été épargné. C’est à lui, que l’ex-futur maître coranique a vendu l’or. Il a été poursuivi pour recel.
Devant la barre, les prévenus ont tous tenté de se soustraire à l’action judiciaire en niant les faits à l’exception de Ibrahima Sylla, qui a fait dans le déballage. Il a déclaré que c’est Sidya Guèye, qui a joué le rôle d’intermédiaire dans cette affaire. Car, il était le seul à savoir qu’il avait de l’argent. Mais, comme il voulait avoir sa part du gâteau, il ne cessait de lui dire qu’il connaissait un marabout qui pouvait le rendre riche comme Crésus. En réalité, ce marabout n’existe que de nom. Mais pour mieux l’enrôler dans son plan, il lui disait, révèle-t-il, de sacrifier un de ses parents. Ayant réussi à intimider le jeune garçon, le sieur Sidya est revenu quelques jours après pour lui dire que ces sacrifices pouvaient être remplacés par d’autres. Mais, dans ce cas, poursuit Sylla, il faut qu’il débourse la somme de 300.000 frs. C’est bien plus tard qu’il lui a révélé qu’il s’activait dans le domaine de faux billets et falsification de cartes bancaires, a-t-il ajouté, en précisant que c’est Sidya qui leur a fourni les faux billets avec lesquels, ils ont été interpellés. Des propos que ce dernier a balayés d’un revers de main à la barre, même si à l’enquête, il avait reconnu les faits.
Le Parquet estime qu’ils sont tous coupables des faits pour lesquels ils sont poursuivis. Il a requis 6 mois contre le bijoutier Hann et 2 ans contre le reste de la bande. Un réquisitoire que la défense estime trop sévère. Selon Me Barro, qui défendait Amadou Tidiane Cissé, tous ne peuvent pas être mis dans le même sac. Selon lui, son client n’a pas été trouvé en possession d’un faux billet de banque. Il n’y a que de simples suggestions, a dit l’avocat, qui a plaidé la relaxe à titre principal et la relaxe au bénéfice du doute à titre subsidiaire.
De l’avis de Me Bamba Cissé, c’est le jeune Sylla, qui a embarqué tout le monde dans cette affaire. La robe noire trouve que son client a acquis les bijoux au prix normal du marché. «Quand mon client a émis des réserves, Sylla a pris son téléphone pour appeler une dame qui a confirmé être la propriétaire desdits bijoux», a-t-il rappelé avant de plaider la relaxe au principal ou à défaut l’application bienveillante de la loi. Les autres avocats ont aussi plaidé la relaxe. La décision sera rendue le 5 janvier prochain.
justin@lequotidien.sn

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