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Pour les délits d’accès et de collecte frauduleux dans un système informatique, le jeune informaticien Souleymane Fall risque 2 ans dont 6 mois de prison. Il a été arrêté pour avoir détecté une faille dans le système informatique de la Police nationale. Le juge correctionnel lui a accordé hier une liberté provisoire.

Par Mamadou SAKINE

Agé de 21 ans, Souleymane Fall est accusé d’avoir accédé frauduleusement au système informatique de la Police nationale. Le Parquet a requis hier 2 ans dont 6 mois ferme à son encontre. Il est retenu contre lui les délits d’accès et de collecte frauduleux dans un système informatique. Jeune programmeur et cyber-défenseur, il avait une fois décelé une faille dans le système de la Police nationale. Un fait qui lui a valu son séjour carcéral depuis mai 2018. Les faits se sont passés lors d’une journée portes ouvertes de cybersécurité organisée par la police au King Fahd. Et c’est en visitant les stands qu’il a montré ses capacités aux policiers en face de leurs ordinateurs.
Hier, face au juge de la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar, M. Fall s’est expliqué sur son geste. «J’ai découvert que leur télévision avait une faille. J’en ai parlé à la policière en lui faisant comprendre que n’importe qui pouvait y diffuser des images. Pour la convaincre, je l’ai éteinte grâce à un programme que j’ai installé sur mon téléphone», a-t-il laissé entendre. Toutefois, il a précisé qu’il a agi avec l’accord des policiers présents. A son arrivée, le commissaire n’a pas digéré le comportement du jeune garçon car, pour lui, il s’est introduit frauduleusement dans les données de la police. Après une fouille dans l’un de ses ordinateurs, il a été découvert des données de la Sonatel, de Microcred et un permis canadien. Selon lui, il ne les a pas installées lui-même dans son système. Pour le procureur, même si le système de la Police nationale a des failles, le prévenu n’avait pas l’autorisation d’y pénétrer. De l’avis de la défense, l’enquête ne précise pas si le mis en cause avait utilisé, supprimé ou modifié un quelconque mot de passe. Pour les avocats, à la place de la prison, leur client devrait être honoré pour son geste. Selon eux, le doute est permis dans cette affaire et il doit être appliqué à l’informaticien. En attendant le délibéré fixé au 12 février, Souleymane Fall a obtenu la liberté provisoire après 8 mois de prison.
msakine@lequotidien.sn

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