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Soheybou Guèye, l’huissier Daouda Sakho et son clerc encourent de lourdes peines. Poursuivi pour association de malfaiteurs et escroquerie, le premier nommé risque 5 ans ferme. Ses coprévenus, qui répondaient de complicité, risquent un an ferme.

L’enseignant Soheybou Guèye, l’huissier Daouda Sakho et son clerc Mouhamadou Moustapha Mbengue ont comparu hier devant le Tribunal correctionnel. Si l’enseignant répondait des chefs d’association de malfaiteurs et d’escroquerie en compagnie de Gilles Hector Bilong qui a pris la fuite, l’huissier et son clerc comparaissaient pour complicité de ces chefs. Ils sont poursuivis par l’ingénieur Abdoulaye Bouna Fall. Grugée de la somme de 55 millions de francs, la partie civile a saisi le Parquet d’une plainte le 16 septembre 2015. Il avait vu une annonce sur le journal Tam-Tam faisant état de la vente d’un terrain. Voulant ainsi trouver un toit à ses enfants avant d’aller à la retraite, il a saisi M. Soheybou Guèye qui lui a confirmé que le terrain lui appartenait. Après discussion, les parties ont trouvé un compromis sur la somme de 110 millions de francs. Mais Abdoulaye Bouna Fall et son épouse qui voulaient acquérir ladite parcelle lui ont fait savoir qu’ils ne pouvaient pas payer l’intégralité de la somme. Ils ont proposé de payer en 4 tranches. C’est ainsi qu’ils ont versé dans un premier temps la somme de 55 millions en deux versements au prévenu et la somme de 5 millions de francs de commission à Gilles Hector Bilong. Ainsi, ils devaient payer à partir de la 2e tranche par moratoire jusqu’à échéance. Mais il faut noter que pour la vente, l’enseignant a sollicité les services de l’étude de l’huissier Daouda Sakho. C’est ainsi que son clerc a confectionné l’acte avant que ce dernier n’appose sa signature. Comme la confiance n’exclut pas le contrôle, l’ingénieur a procédé à des vérifications sur le titre foncier. Ses doutes vont s’avérer justes, car une fois à la Sicap, il lui a été informé que le titre foncier ne se trouve pas sur le nom de Soheybou Guèye, mais plutôt de la Sicap même qui a attribué ledit terrain à l’Etat. Muni de cette information, il a porté plainte contre les prévenus. Devant la barre du Tribunal, l’enseignant a reconnu avoir reçu l’argent. Seulement, il prétend qu’il n’a pas confectionné l’acte de vente. Selon ses déclarations, c’est M. Hector Bilong qui l’a établi à son nom. Il ajoute aussi avoir reversé la somme reçue à ce dernier en ne se limitant qu’à empocher sa commission estimée à 20 millions de francs. Pour se donner bonne conscience, il soutient avoir enclenché une procédure pour la réaffectation de la parcelle. A l’en croire, son compère Hector Bilong lui avait dit qu’il ne pouvait pas le faire, car il a des connaissances au niveau de la Sicap. D’ailleurs, poursuit-il, c’est en ce sens qu’il l’a mis en rapport avec un ancien ministre. Et c’est après qu’il a eu vent que Hector Bilong a pris la fuite. D‘après l’avocat de la partie civile, cette démarche a été enclenchée après l’initiation du procès. Pour sa défense, l’huissier ne couvre pas son clerc. Il dit que c’est Mouhamadou Mbengue qui a fait les actes et qu’il n’a fait qu’apposer sa signature sans pour autant prendre connaissance du contenu. Une déclaration battue en brèche par le clerc qui a soutenu avoir agi sous les ordres de son patron. En tout état de cause, l’avocat de la partie civile estime que les faits sont avérés. Il a réclamé en guise de réparation la somme de 100 millions de francs. Le Parquet a requis 5 ans ferme contre l’enseignant et Hector Bilong en lui décernant un mandat d’arrêt international et un mandat de dépôt contre M. Guèye et 1 an ferme contre l’huissier et son clerc en décernant un mandat de dépôt en cours d’audience contre ces derniers. De l’avis du conseil de Soheybou Guèye, son client a agi par naïveté. Selon lui, étant enseignant et éducateur social, le ministre de l’Education lui avait donné le terrain en question pour créer une école. Et c’est ainsi que Hector Bilong lui a demandé de le vendre et qu’il se chargera de régler le problème des papiers avant de fondre dans la nature. Pour mieux le ferrer, poursuit l’avocat, Bilong l’a même mis en rapport avec un ancien ministre. Pour ce prévenu qui a purgé une peine d’un an, il a sollicité  la clémence du Tribunal parce qu’estimant qu’il a été abusé. L’huissier et son clerc ont, quant à eux, regretté leurs actes en demandant aussi pardon. Ils seront édifiés le 21 septembre prochain.
justin@lequotidien.sn

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