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La Société générale de banques au Sénégal (Sgbs) a subi un vol à travers une carte de carburant. Selon l’accusation, le préjudice est estimé à un peu plus de 957 mille francs Cfa. L’alerte a été donnée par la plateforme de la banque qui a constaté des retraits suspects 3 à 4 fois par jour. La carte avec laquelle la personne effectuait les opérations a été localisée par la base des données au niveau de la station Darou Minane. C’est là-bas que se faisaient beaucoup d’opérations notamment dans un intervalle de 15 mn, 2 à 3 retraits simultanés en qualité de 50 litres alors que le volume est de 50 L. Vérifications faites, l’enquête interne a révélé que la carte appartient à Souleymane Tamba, informaticien.
Des investigations poussées de la police ont permis de mettre la main sur son petit frère, Aliou Badara, désigné comme l’auteur des faits. A la barre hier, Aliou s’est présenté comme étant un clerc d’huissier mais il n’a pas prêté serment. Son modus operandi : récupérer de l’argent avec la carte à carburant. Devant le juge, il a reconnu les faits tout en accusant Maïmouna Pauline Diatta, épouse de son grand frère. Selon le prévenu, cette dernière lui a remis ladite carte et il agissait sous ses ordres. Celle-ci, poursuit-il, lui demandait d’aller retirer de l’argent à chaque fois que de besoin moyennant une somme d’argent en contrepartie. Des arguments réfutés par la dame qui a comparu à titre de témoin. Accusée, Mme Tamba s’est lavée à grande eau.
Malgré l’insistance de la dame, plusieurs témoignages l’ont enfoncée. Les témoins, Mama­dou L. Tamba et Ibrahima F. Diédhiou dit Marc ont corroboré les déclarations du prévenu. Toutefois, Souleymane Tamba a déclaré n’avoir jamais donné ni la carte, ni le code à qui que ce soit.
A la question de la défense s’il savait qu’à partir de la carte, il est possible de prendre de l’argent à la place du carburant, Aliou répond par la négative. Mais pour le procureur, les faits sont bien fondés. Parce que, dit le maître des poursuites, la remise de la carte n’était pas licite. Mais aussi le mis en cause le savait et a eu la carte et le code de manière frauduleuse. Sur ce, le ministère public a requis un an de prison dont 6 mois ferme.
Pour la partie civile, les faits sont d’une extrême gravité. Aussi, la Sgbs a-t-elle réclamé 3 millions de francs de dommages et intérêts. «L’infraction pénale est assise, parce que le mari dit qu’il n’a jamais donné cette carte à qui que ce soit. Il n’est ressorti à aucun moment, qu’il a obtenu la carte par le truchement de la dame qui est au boulot, du lundi au vendredi. Les faits de vol sont rigoureusement assis et il doit en être déclaré coupable», fait remarquer Me Arona Basse.
Me Ousseynou Ngom de la défense conteste la constitution de partie civile de la Sgbs par rapport au préjudice économique. Pour lui, aucun élément technique prouvant cette perte n’a été rapporté. D’après Me Ngom, c’est M. Tamba bénéficiaire de la dotation qui est la véritable partie civile. Pour l’avocat, Mme Tamba devrait comparaître non en qualité de témoin mais de prévenue. «C’est normal qu’elle se braque parce que, c’est son ménage qui est en jeu, l’emploi de son mari qui est en jeu, Badara en réalité n’est qu’une victime», a soutenu Me Ngom.
La défense a aussi demandé la relaxe pour les délits de vol, d’escroquerie. Relaxé du délit d’escroquerie, Aliou B. Tamba a été condamné à un an de prison avec sursis pour accès frauduleux à un système informatique et recel. Il doit payer 1 million de francs à la partie civile.
msakine@lequotidien.sn

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