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Henriette Juliette Sambou, poursuivie pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et ses coprévenus ont été attraits hier à la barre du Tribunal correctionnel de Diourbel. Le Parquet a requis 2 ans ferme pour l’élève en classe de terminale L2 aux cours privés Nelson Mandela de la capitale du Baol.

Henriette Juliette Sambou, Mélany Diatta, Jean-Marie Ngom et Philipe Gana Diop ont comparu hier devant la barre du Tribunal correctionnel de Diour­bel. Les inculpés sont poursuivis respectivement pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, vente illégale de boissons alcoolisées et non-assistance à personne en danger. Les faits, qui ont valu à Henriette Juliette Sambou âgée de 21ans, élève en classe de terminale L2 aux cours privés Mandela et ses co-prévenus de comparaitre devant ce Tribunal remontent au 17 mars dernier.
Interpellée sur les faits, Melle Sambou était incapable de retenir ses larmes ainsi qu’une bonne partie de l’assistance. C’est ainsi que le juge a suggéré à l’accusée d’être forte pour pouvoir expliquer ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Après avoir essuyé ses larmes à plusieurs reprises, Henriette Diatta a reconnu avoir porté le coup de couteau fatal au niveau de la cuisse gauche de Henry Ndiaye tout en expliquant qu’elle n’avait pas l’intention de le blesser encore moins de le tuer. La prévenue poursuit : «Tonton Henry avait l’habitude de me tapoter les fesses et ce jour-là je lui avais demandé d’arrêter quand il a commencé ses agissements. Il persistait sur ses faits et gestes pendant un bon bout de temps, tout en me disant qu’il n’arrêterait pas tant qu’il n’aura pas entretenu des rapports sexuels avec moi. J’étais agacée par les attouchements et autres avances indécentes de l’oncle Henry. C’est en ce moment que je lui ai frappé avec une cuillère au bras, ce qui a abimé sa montre. Persistant dans ses gestes, je l’ai frappé à la tête avec une tasse. Comme il ne voulait pas céder, je suis allée dans la cuisine prendre le couteau avec lequel je lui ai assené un seul coup au niveau de la cuisse gauche. J’avais pris le couteau juste pour le dissuader, malheureusement l’irréparable s’est produit.» Cette blessure visiblement bénigne a provoqué une hémorragie interne et externe, qui a occasionné la mort de Henry Ndiaye. «Je regrette mon acte. Je vous demande pardon et à la famille de tonton Henry Ndiaye», persiste-t-elle.
Dans cette affaire, la mère de Henriette Juliette Sambou, Mélany Diatta, est poursuivie pour vente illégale de boissons alcoolisées. Elle a ainsi reconnu les faits pour lesquels elle est poursuivie en soutenant qu’elle ne sait pas là où elle doit aller chercher les pièces d’autorisation pour exécuter légalement son gagne-pain. Elle a aussi reconnu avoir été interpellée à plusieurs reprises par la police pour les mêmes faits insistant toujours sur le fait qu’elle ne connaissait pas les démarches à entreprendre pour obtenir des papiers d’autorisation. Dans la même veine, le juge rappellera à l’accusée que cette vente illégale de boissons alcoolisées est à l’origine de cet incident dramatique. «Vous exposez vos enfants en pratiquant cette activité dans votre demeure. Vous n’en avez aucun droit», a-t-il conclu. Les deux autres prévenus, Jean-Marie Ngom et Philippe Gana Diop, amis de la victime qui étaient sous contrôle judiciaire, jugés pour non-assistance à personne en danger, ont conforté les déclarations de Henriette Juliette Sambou et celles de sa mère.
Entendu sur le fond, Jean-Marie Ngom précise : «J’avais demandé à mon ami de cesser cette plaisanterie car Henriette avait commencé à s’énerver mais il ne m’avait pas écouté.» Après avoir reçu le coup, Henry Ndiaye, dit-il, s’est retiré dans les toilettes : «Quand je suis arrivé, j’ai remarqué qu’il se vidait de son sang. J’ai voulu appelé une moto Djakarta mais la moto ne pouvait pas le transporter, Philippe Gana Diop est parti voir le maire pour qu’il nous prête son véhicule pour le transporter à l’hôpital de Diourbel. Finalement, c’est un taxi qui était venu au village qui a transporté Henry Ndiaye à l’hôpital.»
Dans son réquisitoire, le Pro­cureur de la République a rappelé que c’est un incident qui s’est produit dans un bar clandestin. «Il s’agit plutôt de coups et blessures volontaires ayant entraînant la mort sans intention de la donner», dit le Parquet, qui a ainsi demandé au Tribunal de condamner Henriette Juliette Sambou à 2 ans de prison ferme. Compte tenu de son statut d’élève, il a demandé au juge de lui accorder une circonstance atténuante en lui permettant de passer son examen de baccalauréat. Le Parquet a aussi requis une peine d’emprisonnement de 6 mois ferme pour Mé­lany Diatta et une peine d’avertissement à l’endroit de Jean-Marie Ngom et Philippe Gana Diop.
Tour à tour, les avocats de la défense ont plaidé la clémence du Tribunal. Me Assane Dioma Ndiaye a demandé la relaxe de Jean-Marie Ngom et Philippe Gana Diop, estimant qu’ils ont tenté de secourir leur ami. De son côté, Me Théophile Kayossi est d’avis que Henriette Juliette Sambou n’était qu’un instrument du destin. «Il était dit que Henry Ndiaye devait quitter ce monde ce jour-là et dans ces circonstances», explique-t-il. Me Serigne Diongue balaie le réquisitoire du Parquet : «Une peine doit avoir un sens lorsqu’elle est appliquée car ça sert à faire comprendre à une personne qu’elle a commis un trouble. Or, cette fille (Henriette) n’est pas dangereuse. Elle a trébuché donc elle mérite la clémence du Tribunal d’autant plus que les parents de Henry ont déjà pardonné.» Le délibéré est fixé au 18 juin prochain.
Correspondante

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