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Abdoulaye Mbaye Diagne a comparu pour viol et pédophilie sur sa cousine âgée de 9 ans. Le Parquet a requis à son encontre 10 ans ferme.

A . R. Dicko n’a que 9 ans. Malgré son jeune âge, elle a été victime de plusieurs viols. Abdoulaye Mbaye Diagne, son cousin, aurait abusé de cette fillette en classe de Ce2. «J’ai un penchant pour elle. Il est très difficile pour moi de lui résister», a avoué le prévenu aux enquêteurs avant de se rétracter hier devant la barre. Cet amour l’a conduit à commettre plusieurs viols sur la personne de A. R. Dicko. Le récit de la fille est bouleversant. «Quand je vais me soulager dans les toilettes, il m’épiait. Et après, il vient me dire qu’il va m’offrir de l’eau pour laver mes parties intimes. C’est ainsi qu’il en profite pour me doigter avant de me pénétrer. Il a abusé de moi à 5 reprises», a relaté la victime. Ces multiples viols allaient passer sous silence si la mère de la jeune fille n’avait pas surpris celle-ci en train de caresser ses parties intimes après avoir ouvert la braquette de son pantalon. «Je l’ai surprise un jour. Elle a ouvert la fermeture de son pantalon et a mis sa main sur son sexe. C’est ainsi que je l‘ai amenée dans ma chambre pour savoir pourquoi elle le fait. Je lui ai même demandé si elle l’a vu ailleurs. Elle m’a répondu par la négative. Et quand je l’ai pressée de questions pour savoir pourquoi elle se comportait de la sorte en menaçant de la frapper, elle m’a dit que son sexe faisait mal. Je lui ai demandé de savoir ce qui l’a blessée. Elle m’a dit que c’est Abdoulaye Mbaye Diagne», a expliqué Fatou Ndiaye.
Pour sa défense, le prévenu a adopté la dénégation systématique. «Chaque jour, je descends tard du travail. Quand je me couche à 6 heures du matin, je  ne me réveille que vers midi. Et après avoir mangé, je me prépare pour retourner au travail. Ce qu’elle dit ne tient pas la route. C’est sa maman qui lui a dicté ce qu’elle a dit parce qu’on n’est pas en bons termes», a-t-il nié les faits.
Pourtant, il était passé aux aveux dans le procès-verbal. «J’ai bien pris connaissance des faits, objet de ma présence dans vos locaux. Je reconnais partiellement les faits. Un jour, après avoir visionné un film pornographique, j’ai eu l’envie de faire l’amour. C’est ainsi que j’ai trouvé A. R. Dicko dans les toilettes. J’ai humidifié mon sexe avec mes crachats pour faciliter les frottements, mais pas pour la pénétrer. La deuxième fois, elle m’a trouvé dans la salle où j’étais en train de suivre un film de dessin animé. Ce jour, j’ai fait des attouchements sur elle», avait-il dit avant de s’inscrire en faux contre ces allégations devant la barre.
Ces dénégations tranchent d’avec le certificat médical qui fait état de plusieurs blessures dans différentes parties. Selon l’avocat de la partie civile, le prévenu avait reconnu les faits à l’enquête avant de se rétracter. La pénétration, poursuit-il, est établie et cela résulte du certificat médical. Mais l’avocat a réclamé le franc symbolique. Le Parquet qui est convaincu de sa culpabilité a requis 10 ans ferme.
L’avocat de la défense a ramé à contre-courant de son client. Selon Me Daff, si son client a versé dans des dénégations, c’est parce que les prévenus ont des avocats aguerris qui leur prodiguent des conseils en leur demandant de nier, car ils risquent de lourdes peines. La deuxième raison de ses dénégations, c’est qu’il est en face du public et devant sa mère qui se trouve dans la salle. Mais de l’avis de l’avocat, les faits ne souffrent d’aucun doute. Cependant, il pense que c’est l’article 120 bis qui peut être retenu dans cette affaire. «Il y a pénétration ou pas et s’il n’y a pas pénétration, le viol saute», a remarqué Me Daff qui a sollicité une application bienveillante de la loi.
justin@lequotidien.sn

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