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Le Tribunal a condamné, ce mercredi, 5 «Baye Fall» à un mois assorti du sursis. Ils ont été reconnus coupables du délit de violence et voie de fait. En effet, ils sont nombreux à décrier le harcèlement dont ils sont victimes de la part de certains «Baye Fall». Dans les rues, ils usent souvent de méthodes illégales pour obliger les passants à leur remettre de l’argent. Il y a quelques jours, des commerçants ont payé les frais de l’excès de zèle de ces individus. Hier, devant le juge du Tribunal d’instance de Dakar, ils ont répondu de leurs actes. Face au Tribunal, les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés. Alors que le jour des faits, «Diawrine» Seydina Mohamed Camara et ses éléments, d’après les enquêteurs, avaient troublé l’ordre public au centre-ville de Dakar. Ils avaient bloqué la circulation pendant une dizaine de minutes. Ils étaient à bord de leur véhicule sonorisé. Comment cette affaire a commencé ? C’est le sieur Aly Diassy qui avait demandé «un adya» au vendeur Sidy Guèye. Ce dernier lui a fait savoir qu’il n’a rien. Non content, Diassy a fait dans la provocation. Il dira au commerçant que celui-ci «n’est pas un vrai disciple mouride». Le ton monte alors entre les deux hommes. L’histoire finit par une rixe. D’un côté, «Diawrine », Aly Diassy, Bakary Baldé, Mohamed Fadel Mbengue et Fallou Thiam, tous des «Baye Fall», et de l’autre, Sidy Guèye et ses collègues commerçants à savoir Balla Diop, Papa Sarane Dabo Sène, venus à son secours.
Au cours de l’altercation, selon Balla, il a reçu un coup de couteau de Seydina Mohamed Camara qui conteste devant la barre avoir utilisé une arme. Pourtant, Papa Sarane Dabo Sène s’en est sorti avec une incapacité temporelle de travail (Itt 15 jours). Pour le procureur, les faits sont constants. Avant de requérir l’application de la loi, le représentant du ministère public a réprimandé les mis en cause. Le président de séance a aussi avec autorité appelé les uns et les autres à la discipline. Même les avocats de la défense n’ont pas manqué de faire comprendre à leurs clients que nous sommes dans un Etat de droit. Et Me Khalil Sèye de reconnaître : «Nous avons tous été victimes de leurs agissements. Un Diawrine doit être un guide. Ce n’est pas ce que leur guide leur a demandé de faire. Ce n’est pas ce que Serigne Touba leur a recommandé de faire. Ils ont porté atteinte à la société en créant un trouble à l’ordre public. Ce sont des comportements déviants que leur guide ne leur a jamais inculqués. Faites-vous respecter par votre comportement !» Par ailleurs, il a dit aux prévenus en guise de conseil de ne jamais forcer les gens à leur donner de l’argent. Car dit-il, vous ne savez pas qui est qui pour lui imposer de participer de gré ou de force à la collecte de fonds pour le Magal de Touba. Constitué pour les commerçants, Me Iba Mar Diop a informé que ses clients ont été victimes mais ils ont pardonné. Pour les membres des deux groupes, il a plaidé une application bienveillante de la loi pénale. Ils ont tous été condamnés à 1 mois avec sursis.
msakine@lequotidien.sn

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