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Aguibou Ba, directeur de l’Inpg.

En 2021, le Sénégal va commencer l’exploitation du pétrole. Les entreprises sont appelées à renforcer leurs capacités dans ce secteur pour être compétitives.

«Il faut se préparer. 2021, c’est proche.» Le conseiller technique du Premier ministre en charge des questions d’énergie, Demba Gaye, sait que la gestion du pétrole va révolutionner le monde des affaires. Hier, dans le cadre de la 3ème édition des «Grandes conférences du Quotidien» du Groupe avenir communication (Gac), il s’adressait à un parterre de chefs d’entreprise, de politiques, d’acteurs de la société civile, d’hommes de médias entre autres couches de la population. Parmi les métiers que l’exploitation du pétrole va impacter figure l’assurance. Les acteurs ont profité de cette rencontre qui a pour thème la «Valorisation du contenu local dans le secteur des hydrocarbures» pour formuler leurs inquiétudes, no­tam­ment relatives aux risques du marché. «Est-ce que les entreprises d’assurance sont préparées à supporter 50% des risques ? Je ne le pense pas. Il y a de ces risques qui interviennent et qui se chiffrent en milliards de dollars», a alerté Cheikh Ba, assureur.
Initiateur du panel, Madiam­bal Diagne précise que le pétrole «sera ce que les Sénégalais en feront». Ces derniers doivent se former pour éviter de vivre la malédiction de l’or noir.
«Les compagnies d’assurance doivent être en avant-garde en se formant. Aujourd’hui, tout passe par la formation d’acteurs compétents qui parlent le langage des pétroliers. Il y a des experts spécialisés pour qu’en cas de conflit ils puissent intervenir. On doit aussi avoir des avocats et des journalistes spécialisés», a plaidé Cheikh Ba. Ainsi, a estimé Ousmane Ndiaye, directeur du Cos-petrogaz, on saura «les Sénégalais qui seront en mesure de travailler dans les sociétés qui vont intervenir sur la chaîne des valeurs». De plus, insiste M. Ba, les assureurs ont besoin d’une taille critique. «Cela veut dire des entreprises qui sont capables de répondre quand il y a des crises pour ne pas paralyser notre économie. Les assureurs doivent aller au niveau de cet institut, se former, faire des benchmarks pour voir ce qui se passe. Il serait nécessaire qu’ils comprennent les enjeux actuels», a-t-il expliqué.

L’Institut national du pétrole et du gaz
Appelés à jouer un rôle prépondérant dans la gestion des ressources naturelles, les assureurs sont à pied d’œuvre pour répondre au vœu du président de la République, assure Makhtar Faye, directeur exécutif de l’Association des assureurs du Sénégal. Il y a quelques mois, ladite association a organisé une réflexion sur la question et à l’issue de laquelle un pool de pro-assurance a été mis en place pour partager les risques. «Au niveau de la souscription, de la mutualisation et de la gestion des risques assurables, les assureurs ont prévu au niveau de ce pool de faire un renforcement de capacités pour les professionnels de l’assurance», a décliné M. Faye.
Pour un capital humain de qualité, capable de bien exploiter le pétrole, Ousmane Ndiaye donne la recette : l’Institut national du pétrole du gaz. «La mission de l’Inpg est la mise en place de ressources humaines de qualité à tous les niveaux de la chaîne pétrolière. Nous sommes là pour répondre aux besoins de l’industrie, mais aussi de tous les acteurs», explique Aguibou Ba, directeur de l’Inpg, informant que le Master d’ingénierie sera lancé en octobre prochain.
bgdiop@lequotidien.sn

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