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Un lien irréfutable est établi entre la pollution et la santé des populations. Suffisant pour le ministère de l’Environnement et du développement durable, en partenariat avec ceux des Transports et de la Santé, pour mettre en place un Observatoire de la qualité de l’air. Un cadre pour discuter des stratégies à mettre en place pour prendre des mesures d’abattement de la pollution atmosphérique à Dakar, source de maladies respiratoires et de nombreux décès évitables.

Agir sur l’environnement pour préserver la santé des populations : Une approche adoptée par les acteurs en charge de l’environnement, de la santé des transports réunis dans un atelier sur les enjeux de la qualité de l’air à Dakar. L’analyse de la qualité de l’air dans la capitale a montré qu’elle est dégradée à tel point que Dakar est classée parmi les villes africaines les plus polluées. Entre décembre 2017 et mars 2018, il y a eu «plus de 5 épisodes de forte pollution». Une pollution émise principalement par les activités de l’homme, en particulier le trafic automobile diesel, les industries et aussi la nature avec les poussières désertiques. Or, selon les spécialistes de la santé, il existe un lien indéniable entre les maladies respiratoires, cardiovasculaires et la pollution de l’air.
Mame Thierno Dieng, ministre de l’Environnement et du développement durable, a enfilé à cette occasion son «costume de Professeur de médecine» pour faire un cours sur les effets sanitaires de la pollution atmosphérique chez l’homme. Citant un rapport de l’Oms, il indique que «la pollution de l’air ambiant est responsable à elle seule d’environ 4,2 millions de décès en 2016, alors que la pollution de l’air à l’intérieur des habitations, due à l’utilisation de combustibles et de technologies polluantes, a causé environ 3,8 millions de décès pendant la même période». Pis, «Plus de 90% des décès dus à la pollution de l’air se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, principalement en Asie et en Afrique», renseigne-t-il.
Ce qui est regrettable, estime M. Dieng, c’est que l’essentiel de ces décès est évitable. «C’est comme si nous sommes tous engagés dans une attitude de suicide collectif et inconscient parce que c’est nous qui polluons pour la satisfaction de nos besoins physiologiques», note le ministre de l’Environnement. Alors, que faire ? M. Dieng soutient qu’il faudra que les gens prennent conscience que le besoin de promouvoir notre qualité de vie par le confort, l’économie à travers les industries, peut aussi avoir des conséquences vitales sur notre vie. Cet atelier qui est la première étape pour aller vers des solutions a réuni tous les acteurs impliqués dans la cause, notamment le département des Transports, le ministère de la Santé, entre autres. A l’issue des concertations, un Observatoire national de la qualité de l’air sera créé. Son rôle, d’après Mame Thierno Dieng, sera d’alerter. Ce qui, selon lui, va susciter de la part des autorités des prises de décisions pour obtenir la résilience. «C’est possible. Il faudra ramener la ville du point de vue de la pollution au moins à une qualité compatible avec une santé respiratoire correcte», indique-t-il.
Le représentant du ministre des Infrastructures, des trans­ports terrestres et du désenclavement, Moussa Sow, a reconnu la responsabilité de son secteur sur le niveau de pollution de la ville. «Notre parc automobile est assez vieillissant et polluant», dit-il. Il soutient que des mesures sont en train d’être prises pour juguler le problème. «Avec le Cetud, nous avons un programme de renouvellement des bus. Il y a aussi les bus rapides (transfert), un projet assez ambitieux et structurant pour desservir la banlieue et le plateau avec des bus qui ont des voies réservées avec une capacité de transport de 300 mille personnes par jour», répète-t-il. Le Centre de contrôle technique des véhicules mesure l’opacité de la fumée émise par les véhicules, renchérit-il. Il l’analyse et transmet les statistiques au Centre de gestion de la qualité de l’air. Avec l’Observatoire de la qualité de l’air qui sera mis en place, les acteurs comptent travailler en synergie pour mettre un dispositif avec des actions plus vigoureuses et lutter contre cette fumée émise par les véhicules.
Au cours des travaux, les acteurs vont élaborer une stratégie, identifier les actions prioritaires et définir un calendrier de mise en œuvre. Le ministre de l’Environnement et du développement durable a plaidé pour que les conclusions et les recommandations qui seront issues de ces travaux ne soient pas rangées dans des tiroirs, mais traduites en actes pour le bien de tous.
ndieng@lequotidien.sn

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