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Les questions relatifs aux problèmes dont souffre la jeunesse préoccupent au plus haut niveau le mouvement Y. Samedi dernier, il a organisé un panel sur le thème «La jeunesse dans la société, défis actuels et futurs». Selon le sociologue Djiby Diakhaté, «l’analyse des chiffres de l’insécurité, du chômage, de l’illettrisme et de l’entreprenariat incite à conclure que la jeunesse sénégalaise est plutôt considérée comme une variable d’ajustement et non une donnée essentielle pour l’avenir du Sénégal».
De l’avis de l’enseignant-chercheur à l’Ucad qui animait ce panel, le problème de l’éducation des jeunes est une réalité dans le pays, mais malheureusement on a tendance à ne gérer que des urgences. Alors que, poursuit-il, les jeunes sont confrontés à beaucoup de défis sur tous les plans. «L’espace éducatif est un espace de troubles. L’accès à l’emploi est une véritable difficulté, la formation fait défaut chez beaucoup de jeunes. Il y a aussi un problème d’organisation des jeunes autour de grandes structures pour le financement de projets banquables, pouvant leur permettre d’être utiles à leur communauté», énumère M. Diakhaté, soulignant que sur le plan politique, les jeunes sont à la périphérie. Ce qui fait qu’ils s’activent souvent dans le secteur de la sécurité ou sont de simples observateurs. Ils sont complètement à la marge de l’activité économique locale. «Ils sont toujours entretenus par leur mère ou leur père. Ils vivent dans des conditions difficiles.» Toutefois, M. Diakhaté pense que des solutions peuvent être trouvées. «Ce problème doit être examiné de façon systémique en intégrant tous les aspects», propose-t-il. L’enseignant-chercheur trouve que la condition des jeunes est particulièrement préoccupante en Afrique. D’ailleurs dans les universités, les jeunes ne font que des grèves, se désole-t-il. Pour lui, il faut amener les jeunes à être conscients de cette situation et à chercher eux-mêmes des solutions. Et c’est tout  le sens du panel organisé sous le thème sus indiqué. Il invite en outre l’Etat à mettre les moyens pour aider ces jeunes à trouver des solutions.

Dialogue entre pouvoir et opposition  : Dr Djiby Diakhaté encourage le principe
Le dialogue entre l’opposition et le pouvoir doit être une réalité. C’est le point de vue du docteur Djiby Diakhaté. Selon le sociologue, «on attend toujours que la tension se présente pour trouver des solutions». Il en veut pour preuve les indemnités des enseignants. «Ces derniers sont restés des mois sans entrer dans leurs fonds. Ils se manifestent et on cherche des solutions au niveau du Conseil des ministres. Il y a quand même un problème, car lorsqu’on gère une entité on doit se situer dans une dynamique préventive et non curative», conseille-t-il. «Lorsque les signes s’annoncent, il faut les capturer, convoquer les acteurs concernés, réfléchir avec eux sur des pistes de solutions et engager un débat continu, afin d’éviter l’escalade sur le plan langagier et la violence physique.» Djiby Diakhaté prône comme solution l’implication de chaque Sénégalais pour la construction du pays.
justin@lequotidien.sn

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