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En prélude au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité qui s’ouvre aujourd’hui, le général Lamine Cissé a livré quelques pistes de réflexions sur les défis de la stabilité et de la sécurité en Afrique de l’Ouest. Dans ce document où il aborde différentes questions liées à la sécurité et à la stabilité de cette région, le général Cissé souligne que «les conflits et l’insécurité sont multiformes et les Etats ouest africains disposent toujours de très peu de capacités d’anticipation et d’adaptation». Selon lui, «au contraire, des facteurs aggravants tels que la porosité des frontières, l’extrême pauvreté matérielle des populations, la mauvaise gouvernance des ressources du sol et du sous-sol (hydrocarbures et minerais), ainsi que la défaillance des services publics de l’Etat dans certaines parties de leurs territoires exacerbent même les conflits». «Face au terrorisme, la plupart de ces Etats n’ont tout simplement pas les moyens de garantir le contrôle de leurs frontières et de leur vaste territoire. Le Mali, par exemple, a une superficie presque deux fois plus grande que celle de la France et fait la taille du Texas et de la Californie réunis. Sa frontière est aussi grande que la frontière américano-canadienne, alors qu’elle ne longe pas un, mais sept autres Etats», a-t-il expliqué. D’après lui, «pour efficacement répondre aux situations insurrectionnelles, la réforme des secteurs de sécurité et de défense doit permettre le déploiement des dispositifs de sécurité capables de stabiliser les régions». Pour lui, il est nécessaire de «restaurer la confiance avec les forces de sécurité en mettant en place un réseau civil transfrontalier permettant de fluidifier l’échange d’informations et de lutter contre la progression du radicalisme religieux dans la région».

Participation de la société civile dans le domaine de la sécurité
Poursuivant ses explications, le général Cissé précise dans son document que «les nouveaux visages de l’insécurité appellent aujourd’hui une implication plus poussée des citoyens, individuellement et collectivement, à travers la société civile». «Sa participation est une nécessité absolue et ses membres peuvent et doivent participer à l’émergence d’une implication personnelle, collective et citoyenne dans le domaine de la sécurité, aussi bien dans les débats que dans les recherches de solutions», a-t-il recommandé. Pour lui, la société civile «doit informer, sensibiliser et développer les consciences par rapport aux menaces à la sécurité nationale, investir dans l’éducation spirituelle et surtout encadrer, protéger et assister les populations des zones sensibles». Dans ce même ordre d’idées, le général Cissé soutient que «la lutte contre le terrorisme implique aussi la fin de cette inégalité tant planétaire qu’au sein des Etats où une minorité s’approprie une fraction croissante du revenu national». Cette pratique, souligne-t-il, enfante «presque la misère et donc souvent le terrorisme». «Le tout sécuritaire pour le sécuritaire a des limites qui exigent que l’on s’attaque à l’essence, c’est-à-dire au co-développement», a-t-il indiqué.
En conclusion, M. Cissé souligne que «face à ces défis sécuritaires transnationaux, se concentrer, comme par le passé, uniquement sur la coopération militaire relève d’une erreur majeure». D’après l’ancien Cemga, «relever ces défis de manière efficace exige également la constitution d’un partenariat qui va soutenir les institutions en charge de la sécurité et l’adhésion des gouvernements africains à cette coopération, sans attendre d’être exemptés de certains objectifs politiques relatifs à la démocratie, à la gouvernance et aux droits de l’Hom­me».
dkane@lequotidien.sn

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