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Par Mame Fatou kebe

Imposer le reggae aux Séné­galais, un reggae diffèrent de celui qu’on avait l’habitude d’entendre en Jamaïque, et à travers le monde. C’est tout ce que souhaite Ché Camara à travers son premier album Sante Serigne Saliou, composé de 12 titres et produit par lui-même. Dans cet opus purement reggae, on y entend du sabar, du xalam, des instruments bien connus chez nous. Une façon pour l’artiste de marquer la différence. Il chante également en wolof, français, arabe et anglais. «Je voulais contribuer au rayonnement du reggae africain, parce que, ce n’est plus le même à part les porte-flambeaux et eux sont devenus vieux maintenant», dit le natif de Tambacounda. D’a­près ces propos, la nouvelle génération essaie de faire son mieux, mais jusque-là on ne les sent pas. «Même ici au Sénégal, c’est comme si le reggae n’existait pas. Musicalement il reste des choses à faire. Ils font ce que les Jamaï­cains font, mais moi je me suis dit qu’il faut amener d’autres touches musicales, un autre reggae qui n’est pas pareil.»
Ché Camara pense qu’avec sa touche singulière, il peut changer la couleur de cette musique et avoir un reggae tout africain. Dans son opus, M. Camara qui est en même temps artiste peintre, chante Sante Serigne Saliou, (Ndlr : remercier Serigne Saliou), en lui faisant des louanges. Bien que chrétien, il a en effet en estime le père de Serigne Saliou, le fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba. L’artiste a fait savoir qu’il ne le connaissait même pas, mais il lui a dédié son album. «Un jour Serigne Saliou est apparu devant moi, et il m’a dit beaucoup de choses sur ma carrière, des choses que je vois en ce moment. C‘est pour cela que je lui ai donné le nom de mon album. C’est pour cela que je l’ai chanté en même temps», explique-t-il. Dans  Fatelikul  (Ndlr : se souvenir), l’artiste estime que les gens ont tendance à oublier les grands hommes qui sont décédés, et que lui, pour préserver leurs noms de l’oubli, les a chantés.
Dans  Door waar, (Ndlr : Travailler), il incite les jeunes à prendre leur destin en main, pour combattre le chômage. Et sur le morceau Talibé, (Ndrl : mendiant), il sensibilise. «Ces enfants vivent dans des conditions difficiles, et je veux juste sensibiliser à travers ma voix», justifie l’artiste. Pour le titre, Unité Africa, Ché Camara dénonce la perte des valeurs, en Afrique et conseille un retour aux sources.
Stagiaire