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«C’est avec ses dents que l’on creuse sa propre tombe.» Ce dicton reste valable pour la consommation d’aliments  pauvres en micronutriments. La carence en vitamine A, en vitamine B9,  en iode ou encore en fer est responsable de pathologies, telles que la cécité crépusculaire, la malformation du cerveau et des jambes, la formation de goitre ou encore les anémies. Pour préserver les populations sénégalaises contre ces maladies, le gouvernement depuis 2009 a décidé d’enrichir en vitamines et sels minéraux sus cités des aliments de consommation courante, tels que l’huile, la farine de blé et le sel. Et depuis 2009 une loi interdit l’entrée dans nos marchés de l’huile de cuisine non enrichie en vitamine A, de la farine de blé ne contenant pas la vitamine B9 et du fer ou encore du sel ne renfermant pas de l’iode. Sur les emballages desdits produits un logo aide à choisir. Toutefois, malgré la pertinence d’une telle mesure pour la santé publique, dans certaines localités on ignore l’existence de la loi  et on ne prête pas attention au logo. C’est le cas pour le département de Vélingara, frontalier à 3 pays (Gambie, Guinée Bissau et Guinée Conakry) qui n’ont pas forcément la même politique sanitaire. Aussi, l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), avec la collaboration du Comité sénégalais pour la fortification des aliments en micronutriments (Cosfam), s’est-elle déplacée dans cette ville de la région de Kolda, ces dernières semaines, pour un forum de sensibilisation suivi d’une formation sur  les aliments enrichis. Selon Momath Cissé, vice-président de l’Ascosen, «le choix de Vélingara s’explique par le fait que c’est un département frontalier à d’autres pays, et qu’il est fort à craindre que le marché soit envahi de produits frauduleux ne respectant pas cette règlementation. Alors qu’il s’agit d’une question de santé publique». Au cours du forum qui a réuni, animateurs de radio, journalistes, responsables de groupements de femmes, des relais de santé, des services techniques de l’Etat etc, sont distribués des prospectus contenant le logo et le rôle joué par ces micronutriments dans l’organisme humain. De même, les communications du médecin-chef du district de santé et d’un nutritionniste ont convaincu les participants de la nécessité de recourir à ces produits, désormais, pour la consommation de la famille.
Néanmoins des voix ont indiqué toute la difficulté qu’il y a pour des populations démunies à choisir un produit cher à côté d’un produit bien moins cher-même d’origine frauduleuse- sous le prétexte que le premier préserve des ennuis sanitaires.
Le point focal de l’Ascosen, Mme Ndèye Sallé Baldé, a enseigné que la préférence pour un produit de mauvaise qualité pourrait conduire chez le pharmacien et y laisser toutes les économies réalisées, en plus des soucis de santé. Elle s’est engagée à entrer dans toutes les familles et dans tous les coins du département pour pousser les populations, une fois dans une boutique, à exiger de voir l’emballage avant de se procurer du sel, de l’huile ou de la farine. Et a encouragé les participants à cette rencontre à être, chacun, la voix de Ascosen dans sa localité de résidence.

Lutte contre la fraude
Si cette campagne réussie en termes de recours automatique à ces produits estampillés «enrichis en..» c’est la lutte contre la fraude qui est ainsi bien amorcée. Car dans le département de Vélingara les étals des commerces sont achalandés de produits venant de pays limitrophes comme la Gambie et la Guinée Bissau, dans une moindre mesure. L’huile de cuisine et le sucre occupent les premiers rangs en termes de volume. Suivent d’autres produits dont la farine de blé. Pas de crainte, par contre, en ce qui concerne le sel. Le sel fortifié en iode «made in Sénégal» est le seul consommé. Vélingara n’étant pas un département  côtier.
akamara@lequotidien.sn

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