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Trois jours de grève, c’est le mot d’ordre décrété par les travailleurs de la justice pour exiger la satisfaction de leurs revendications par le gouvernement. En grève depuis hier, les membres du Sytjust dénoncent la non effectivité de l’engagement pris par le chef de l’Etat qui avait promis de prendre en charge leurs doléances lors d’une audience le 5 avril dernier.

Le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) a encore décrété 72 heures de grève. Ce mot d’ordre qui a commencé à être observé hier va paralyser les Cours et Tribunaux du pays jusqu’à mercredi. Les travailleurs de la justice en grève depuis des mois maintenant exigent le respect des engagements pris par le gouvernement. Ils dénoncent la non effectivité de l’engagement et de la volonté politique manifestés par le président de la République qui avait promis de prendre en charge «leurs doléances lors de l’audience qu’il leur avait accordée le 5 avril 2018». Les revendications du Sytjust portent sur les statuts des travailleurs et leur plan de carrière, les régimes indemnitaires, l’élargissement de l’assiette du Fonds commun des greffes et l’octroi d’une assiette foncière pour réduire le coût de l’habitat social.
Dans un communiqué du 18 septembre dernier, le Sytjust dénonçait le «manque d’initiatives qui frise une absence de volonté de la part des membres du gouvernement impliqués dans la mise en œuvre et la matérialisation des louables intentions» du chef de l’Etat à l’endroit des préoccupations des travailleurs de la justice. Selon les membres du Sytjust, c’est «un récurrent problème de suivi auquel les syndicats sont confrontés lors des négociations avec le gouvernement». Dans le même document, ils précisaient que «les projets de décret devant porter les réformes attendues par les travailleurs de la justice sont finalisés, disponibles depuis longtemps et n’attendent que leur portage par les ministres concernés à la signature du président de la République». Mais, constatent les syndicalistes, «leur traitement est dépourvu de la diligence qui sied aux instructions du président de la République». Suffisant donc pour que le Sytjust qualifie cette situation de «blocage injustifiable qui persiste malgré les multiples efforts de sensibilisation» qu’il a consentis au plus haut niveau des autorités. Le syndicat rappelle avoir toujours démontré sa «préférence pour un dialogue apaisé» mais, souligne-t-il, il ne saurait «s’accommoder de cet attentisme qui porte gravement atteinte aux intérêts matériels et moraux de ses militants». Cela, pour dire à l’opinion publique que le gouvernement est l’unique responsable du dysfonctionnement noté dans le service public de la justice.
La semaine dernière, le Syndicat des travailleurs de la justice avait décidé de surseoir à son mot d’ordre pour rendre hommage à Bruno Diatta.

dkane@lequotidien.sn

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