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Un panel sur le financement, la diffusion et la sauvegarde du patrimoine national musical s’est tenu hier au Grand Théâtre national. Ce, lors de la célébration de la fête de la musique. L’occasion a été saisie par les acteurs pour identifier les problèmes liés à ces questions et ils proposent de considérer la culture comme un secteur économique.

A l’occasion de la fête de la musique célébrée hier au Grand théâtre national, des acteurs ont débattu sur le financement de la culture, gestion et sauvegarde du patrimoine musical national. A ce niveau, des problèmes liés à tout cela ont été soulevés. Il s’agit du manque de formation, d’information, de professionnalisme, la faiblesse des budgets, le piratage, le frein aux investissements, la concentration du marché entre les mains des grands hommes, l’absence de protection sociale… Et pour faire face à tout cela,  des recommandations ont été faites par les exposants. Elles sont, entre autres, la mise en place d’un fonds de garantie dédié à la culture, la mise en place de coopératives artistiques, la nécessité de changer de paradigme, la mise en place d’un répertoire national des experts, la prise en compte de la culture comme un secteur économique, agir sur la fiscalité, accompagner les acteurs comme la Sodav, miser sur l’innovation surtout développer le partenariat public-privée pour le renforcement de l’entreprenariat culturel…
Quel est le problème central qui peut être détecté et quelles en sont les solutions dans la chaîne des valeurs culturelles ? Pour Babacar Diouf, président du réseau socioculturel du Sénégal, «nous avons du mal au niveau national à mettre en œuvre la mise en valeur et la protection de notre patrimoine». Il pense ainsi que les deux piliers viennent d’être posés, parce que depuis très longtemps, nous sommes restés dans une expression culturelle qui reposait sur une tradition et qui est arrivée presque à son terme entre les griots qui produisaient et les gër. «Là, il faudra entamer une autre réflexion par rapport au mécénat. Parce que c’est plus proche du parrainage et du sponsoring. Car quand on chante ma famille, je donne en contrepartie», souligne-t-il.
A en croire, M. Diouf, ce qui est important était de considérer qu’en termes de protection sociale et de statut de l’artiste, si on ne peut pas identifier ce professionnel de la culture, il est difficile de bâtir quelque chose de solide. «Même au niveau de notre arsenal juridique, il y a des choses importantes qui ont été faites mais certaines lois ne sont pas appliquées», déplore M. Diouf. Pourquoi ? Parce que, pense-t-il, très souvent  nous avons ce décalage entre l’administration et les acteurs culturels qui évoluent dans deux mondes différents. «Les véritables acteurs culturels, à mon humble avis, peuvent se situer dans la Société civile alors que l’Etat travaille souvent en  vase clos. Donc, ratifier les conventions c’est une chose, assurer la promotion et la protection sociale de l’artiste en est une autre. Parce que c’est à partir de ce moment qu’on peut identifier celui-là qui va créer et c’est à partir de ce moment qu’on peut protéger la création et diffuser cette création», analyse cet acteur de la vie culturelle. Qui ajoute qu’il y a des choses importantes qui ont été faites à ce niveau mais il faut qu’on arrive à professionnaliser le secteur, à sortir du secteur informel et à considérer la culture comme un secteur économique.
Ousmane Faye, producteur, a pour sa part proposé la création de marchés. «Tant qu’il y a un vendeur et un acheteur, il y aura de l’économie», mentionne-t-il.
mfkebe@lequotidien.sn

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