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Des Africains regroupés autour de l’Ong Urgences panafricanistes (Urpanaf) et Kémi Séba organisent des conférences internationales ce samedi à Paris, Bamako, Abidjan, Dakar, Londres, Bruxelles, Bologne… Ils dénoncent les effets «pervers» du franc Cfa et réclament la fin de cette monnaie qu’ils qualifient de coloniale.

Un front des Africains contre le franc Cfa est né. Des panafricains dont Kémi Séba et l’Ong Urgences panafricanistes (Urpa­naf) ont décidé de combattre ce qu’ils appellent «le Front des colonies françaises d’Afrique (Fca)». Une façon pour eux de subvertir l’acronyme (Fca). Samedi prochain, l’Afrique et sa diaspora vont organiser de manière simultanée des journées de mobilisation sur le thème «Le franc Cfa et la nécessité de se défaire de cette monnaie postcoloniale». Ces conférences vont se tenir à Paris, Bamako Ouaga­dou­gou, Abidjan, Bruxelles, Lon­dres, Bologne, Ouidah au Bénin, à Dakar, en Haïti et à Kinshasa et verront la participation d’éminentes personnalités, journalistes, écrivains, économistes et acteurs de la société civile africaine. Ils vont dénoncer les effets «pervers» de la monnaie postcoloniale et réclamer la fin de la «servitude monétaire». Ces panafricanistes exigent aussi la vérité sur les comptes d’opération ouverts par les banques centrales auprès du Trésor français.
Ils estiment que le temps est venu de mettre en œuvre des solutions alternatives pour un développement économique qui correspond réellement aux be­soins des populations. La société civile africaine, consciente maintenant du rôle qu’elle doit jouer pour le continent, veut ainsi poser la question d’une autre architecture financière qui, selon elle, déboucherait sur la monnaie unique africaine.
En organisant ces conférences, les initiateurs veulent sonner la mobilisation, mais comptent aussi informer l’opinion africaine, française et européenne des conséquences du lien qui attache encore l’ancienne métropole à ses ex-colonies.
Il s’agira pour eux de discuter des transformations indispensables à «opérer tant au niveau institutionnel que politique pour répondre aux intérêts des quinze pays de la Zone franc Cfa dont onze sont classés parmi les Pays les moins avancés (Pma) par les Nations unies», relève le communiqué.
Cette mobilisation est inédite et historique. Et pour les organisateurs, «elle met en lumière la capacité des Africains et Afro-descendants à comprendre l’urgence de prendre part aux discussions afin de s’impliquer réellement dans l’avenir du continent», lit-on dans le communiqué. Pour eux, il faut une «Afrique nouvelle», «émergente», «libérée» du joug impérialiste et qui prend en main son économie et gère directement l’exploitation de ses propres ressources naturelles. «La monnaie est un attribut de souveraineté. Or, le franc Cfa empêche cette impulsion», écrit les panafricanistes.
Le franc Cfa est créé en 1945. Il est en cours aux Comores et dans quatorze Etats en Afrique dont le Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, République Centra­fricaine, République du Congo, Sénégal, Tchad, Togo.
ndieng@lequotidien.sn

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