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La question de la fuite des épreuves au Baccalauréat était au cœur des échanges hier, lors de la conférence de presse des responsables de l’Union syndicale pour une éducation de qualité (Useq). Cette organisation, qui regroupe le Saes, le Sudes, le Sneel/Cnts, le Sypros et l’Uden, trouve cette situation inquiétante. D’où la demande formulée par ses responsables pour la reprise générale de toutes les épreuves pour que cet examen garde sa crédibilité.

La fuite des épreuves à l’examen du Baccalauréat est un scandale. L’Union syndicale pour une éducation de qualité (Useq) ne dit pas le contraire. En conférence de presse hier, les responsables de cette organisation ont exigé de la part des autorités compétentes, la reprise générale de toutes les épreuves «pour le sérieux de l’examen du Bac et la crédibilité du diplôme». Pour le coordonnateur de cette intersyndicale, Amadou Diaouné, il faut aussi mener «des enquêtes sérieuses et diligentes pour situer toutes les responsabilités et prendre des sanctions à la hauteur de la forfaiture pour tous les coupables». Analysant la situation, le secrétaire général du Sudes soutient qu’il ne sera pas difficile pour les autorités  de situer les responsabilités dans cette affaire, vu que l’organisation du Bac relève d’un groupe restreint. D’après M. Diaouné, «notre police spécialisée dans la cybercriminalité dispose des moyens pour faire toutes les remontées et  situer les responsabilités sans faiblesse». M. Diaouné, qui s’inquiète pour l’image du système éducatif, appelle l’Etat à prendre les mesures idoines  afin d’éviter à l’avenir une telle situation. «C’est la déliquescence des valeurs dans notre pays, on pense que même le savoir, il faut l’acheter», a-t-il regretté. Abondant dans le même sens, la secrétaire générale de l’Uden, Awa Wade soutient que «les enquêtes doivent être menées à partir de la proposition des sujets». Et Mme Wade d’expliquer : «parce que les sujets sont envoyés sous scellés, il n’y a pas de possibilité de fraude à ce niveau. S’il y a fraude c’est à l’amont, le gouvernement doit pouvoir mener les enquêtes», a-t-elle fait savoir. Pour les responsables de l’Useq, il y va même de l’intérêt de l’école sénégalaise, de sa crédibilité et de l’avenir des élèves. Prenant l’exemple de la Guinée qui a connu des fraudes au Baccalauréat, Awa Wade informe que les bacheliers ressortissants de ce pays ont eu du mal à être acceptés dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde).

Non-respect des engagements  pris par le gouvernement : L’Useq prévient les autorités

Lors de leur rencontre avec la presse, les responsables de l’Useq ont encore déploré le fait que le gouvernement n’ait pas respecté ses engagements. Ce, malgré «le sens de responsabilité» des enseignants qui a favorisé «l’instauration d’une paix sociale au cours de l’année finissante». Selon Amadou Diaouné et ses camarades, «en dépit de la demande syndicale insistante, le gouvernement a opposé un refus obstiné à la convocation d’une plénière avec les syndicats pour l’élévation de la mise en œuvre des accords de février 2014». Selon eux, il en est de même pour «le projet de révision du système indemnitaire plus généralement du système de rémunération, sur la base d’une étude aux conclusions partagées» qui  ne semble plus à l’ordre du jour.  Face à cette situation, les syndicalistes préviennent les autorités sur les conséquences pouvant découler de ces manquements. Pour l’Useq, ces derniers «sont des facteurs structurels de futures crises graves dans le courant de l’année scolaire 2017-2018».

dkane@lequotidien.sn

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