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Les bijoutiers du Sénégal veulent une exonération de la Tva sur l’or brut local. Ils ont fait cette plaidoirie hier, lors d’une conférence de presse faisant état de la situation du Comptoir national d’approvisionnement des bijoutiers du Sénégal qui attend d’être inauguré. Par ailleurs, les joailliers sollicitent une audience avec le chef de l’Etat.

Le Comptoir national d’approvisionnement des bijoutiers du Sénégal (Cnbs) fait face à une contrainte de taille dans son fonctionnement. D’après le président de l’Association nationale des bijoutiers du Sénégal (Anbs), l’application par l’Etat de la Taxe sur la valeur ajoutée (Tva) sur l’or brut extrait de notre sous-sol plombe l’activité des artisans. «Cet or comme matière d’œuvre sera alors moins compétitif par rapport au reste du monde, car son prix est défini par le fixing de Londres», a expliqué Moussa Niang hier en conférence de presse. A l’en croire, cet obstacle a même empêché le démarrage effectif des activités du comptoir qui a pourtant obtenu l’agrément de l’Etat et qui se trouve au sein même du Village artisanal, sis à Soumbédioune. «Nous plaidons pour la levée de cette contrainte. Si tel est le cas, elle impactera positivement le secteur de la bijouterie, car elle permettra l’installation d’unités de production de bijoux et la création d’emplois», a réclamé le président de l’Anbs. Il pense qu’avec l’exonération de la Tva sur l’or brut extrait de notre sous-sol, le Sénégal cessera d’être un pays consommateur de bijoux importés pour devenir un pays producteur avec l’existence d’une chaîne de valeurs allant de l’extraction de l’or à la commercialisation en passant par la transformation. «La bijouterie constitue ainsi une source de création de richesses et contribuera à la lutte contre la pauvreté et l’émigration clandestine», espère Moussa Niang.
Le comptoir vise à satisfaire l’approvisionnement correct en matière d’œuvres comme l’or, l’argent et autres consommables. Il va, entre autres missions, veiller à la délivrance des cartes de police, de registres d’achat pour la traçabilité des transactions, notamment achat et vente, la collaboration étroite avec les services étatiques. Cela, pour une réduction notable des accusations de recel dont font l’objet certains bijoutiers. S’y ajoutent la formation et le renforcement de capacités des membres et acteurs du secteur. Ces derniers sont convaincus que la fonctionnalité et le démarrage des activités du comptoir contribueront à créer une plus-value pour le monde de la bijouterie, mais aussi pour l’économie du pays.
Espérant une inauguration prochaine du comptoir dont l’action fixée à 10 mille francs Cfa est ouverte aux membres du Cnbs, les bijoutiers souhaitent une audience avec le chef de l’Etat Macky Sall. Aussi, une Assemblée générale ordinaire est prévue en juillet 2019 pour un renouvellement des instances de l’Anbs.
ksonko@lequotidien.sn

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