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La banlieue veut désormais prendre son destin en main. Il n’est plus question qu’on lui impose des programmes de développement. Des associations qui œuvrent pour son développement se sont réunies autour du Mouvement banlieue émergente et proposent un programme d’urgence de plus de 20 milliards de francs Cfa.

Des associations de la banlieue mettent en place le Mouvement banlieue émergente. Un instrument qui, selon les initiateurs, va corriger les injustices sociales, notamment la pauvreté, le chômage, le déficit d’instruction, l’insécurité, les violences basées sur le genre qui sont entre autres le vécu quotidien des gens qui y vivent. Ils comptent lancer le mouvement le 15 janvier prochain à l’occasion du Forum banlieue qui se tiendra au Cices.
Revenant sur les difficultés auxquelles la banlieue fait face, le président du Mouvement banlieue émergente rappelle que dans cette partie du pays, pourtant des jeunes et des femmes développent des expériences «novatrices collectivement ou individuellement» pour faire face aux difficultés de la vie. Mais hélas, regrette Maguette Thian­doum, coordonnateur du Mouve­ment, la situation est loin de connaître une solution définitive. Et cela, malgré plusieurs programmes de développement. Déjà en 2000, note Dr Ibra Mbaye, l’Etat avait initié une véritable politique active d’emploi avec la création d’agences et de fonds en vue de promouvoir l’emploi des jeunes. (Anej, Ajeb, Anama, Apda, Anida etc). «Là aussi, l’Etat n’a pas eu les résultats souhaités», se désole Dr Ibra Mbaye.
Ce mouvement se propose d’être une force de propositions et d’actions pour sortir la banlieue de sa torpeur. Les initiateurs qui revendiquent une expérience avérée dans le mouvement associatif proposent un Programme d’urgence de la banlieue (Pub) de 20 milliards de francs Cfa à l’image du Pudc. Le projet comporte un volet développement de l’esprit d’entreprenariat, de renforcement des capacités, d’accompagnement, d’assistanat pour permettre aux jeunes et femmes de pouvoir dérouler des projets de développement. «Nous voulons adopter une démarche nouvelle, car nous avons appris de l’échec des programmes mis en œuvre dans le passé. Nous voulons cette fois-ci accompagner les jeunes et les femmes dans la conception et la mise en œuvre des projets», assure Dr Ibra Mbaye, coordonnateur du mouvement. Pour une prise en compte réelle de leurs besoins, ils attirent l’attention des autorités sur la spécificité de la banlieue. A cet effet, ils réclament une agence qui, selon eux, va s’occuper uniquement du développement des banlieues Pikine, Guédiawaye, Parcelles Assainies et Rufisque avec un budget de 7 milliards de francs Cfa.
Le mouvement lance en outre un appel à la diaspora. Il invite ceux-ci à investir dans les projets de développement pour permettre aux jeunes et aux femmes d’avoir un emploi décent et non d’investir dans l’immobilier qui ne profite à personne.
ndieng@lequotidien.sn

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