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La promesse faite de passer en 2020 «d’une Cedeao des Etats» à une «Cedeao des peuples». N’accordant aucune circonstance atténuante aux chefs d’Etat des pays membres de cette institution malgré la survenue de la pandémie du Covid-19 qui est en train de dicter sa loi avec son lot de morts, les organisations socioprofessionnelles de la Société civile, du secteur privé dénoncent une volonté des décideurs de vouloir faire de la Cedeao «un club des chefs d’Etat». Tout en  «regrettant la non-réalisation de la vision 2020», consistant à passer d’une «Cedeao des Etats» à une «Cedeao des peuples», Dr Cheikh Dièye, directeur  du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement (Cacid), de considérer cela «comme une promesse non tenue et un rendez-vous manqué entre les peuples et les dirigeants de la communauté».
«La Cedeao est en train de s’écarter lentement mais sûrement du chemin tracé par les pères fondateurs et suivi par les peuples, pour se muer en un club de chefs d’Etat et de gouvernement déconnectés de la réalité vécue par les peuples et dont la légitimité est, pour certains, sujette à caution», s’offusque Dr Dièye. Ce dernier intervenait au cours d’une conférence de presse qu’il animait mardi dans les locaux d’Enda Tiers monde en compagnie de Mme Khady Fall, présidente de l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest/­Sénégal (Afao/Sénégal).
«Estimant que les organisations socioprofessionnelles du secteur privé, de la Société civile ont un droit de regard sur la gestion des ressources du prélèvement communautaire», le directeur du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement (Cacid) de souligner que les organisations socioprofessionnelles de la Société civile «sont préoccupées par l’effritement de l’image de la Cedeao au sein de la communauté et le sentiment de rejet grandissant chez les citoyens, qui pourraient saper durablement la légitimité de l’institution et compromettre l’appropriation de ses politiques par ces derniers».
Exprimant leurs profondes préoccupations aux chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, les citoyens de la Cedeao formulent des demandes tournant autour de l’interdiction et le refus définitif de «tout changement, altération ou modification de la Constitution ou de tout statut en vigueur d’un Etat membre de la Cedeao visant ou destiné à rendre éligible pour un troisième mandat». L’autre chose réclamée est de «dépolitiser la commission de la Cedeao en réduisant sans délai, le nombre de statutaires à un maximum de 5 au sein de la commission de la Cedeao au lieu des 16 commissaires budgétivores représentant chaque membre».
«Dénonçant le retard dans les dossiers-clés d’intégration, notamment la monnaie commune (Eco), symbole de la souveraineté monétaire sous régionale, qui a été détournée de sa vocation initiale  et plombée par l’impréparation technique et le manque de volonté politique, réduisant à néant des dizaines d’années d’efforts, sans consultation préalable des peuples», les organisations socioprofessionnelles de la Société civile, du secteur privé sont soucieuses «de construire et porter une véritable vision populaire de la Cedeao, dans laquelle les citoyens sont écoutés, impliqués, responsabilisés, de manière à les rendre aptes à jouer leur rôle en tant qu’acteurs du développement économique et social de la communauté».
Ces organisations promettent de peser de tout leur poids en obligeant les chefs d’Etat de la Cedeao à respecter la promesse de concrétiser la vision 2020 en leur faisant signer la déclaration. «Il n’y a pas d’Eco-Cfa, il n’y a pas d’Eco-Uemoa, il n’y a qu’un seul Eco, c’est l’Eco de la Cedeao. Ma conviction est que l’intégration se fera à travers la Cedeao. L’Uemoa ne sera qu’un bras technique qui ne fera qu’appuyer la Cedeao en usant de son expérience», a confié Dr Cheikh Dièye.

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