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Et son présent appel en direction de certains politiciens listés ci-après rentre d’ailleurs justement dans ce cadre-là. «C’est donc entre les Malick Gakou, Khalifa Sall, Idrissa Seck, Oumar Sarr, Mamadou Diop Decroix, Mamadou Lamine Diallo, Aïda Mbodj… que le décryptage et l’agrément de l’appel à l’unité lancé par Wade seront effectivement réalisés. C’est à une absolue prise des responsabilités que l’ex-Président invite tous ces leaders de parti et de mouvement de l’opposition. Dans la même veine, le secrétaire général national du Pds les appelle à taire divergences, ambitions, calculs politiciens et intérêt crypto-personnels au prix de l’intérêt commun et de la satisfaction d’une demande sociale exprimée depuis par le Peuple meurtri.» Mais Me Wade, ses ex et nouveaux collabos ainsi que d’autres dirigeants politiques de parti d’opposition, en mal d’audience et de succès électoral, ne prennent-ils pas les Sénégalais pour des demeurés ou moutons de panurge ? Assurément, leur projet en cours, en tout cas, en a tout l’air et ne serait pas loin de là.
Ainsi, revoilà Me Wade, comme dans un sursaut suite à un cauchemar, lui qui est en villégiature à Versailles, en France, depuis sa défaite cuisante, survient subitement et se rappelle que le Peuple sénégalais et son pays, le Sénégal, existaient encore. Et sans doute, beaucoup parmi nous ont bien pu constater que l’ancien Président du Sénégal ne s’est toujours pas remis de sa déroute électorale, subie en 2012. Et mine de rien, il espère, malgré la déconfiture actuelle de son parti, le Pds, dont la déliquescence semble aujourd’hui irréversible, revenir encore au pouvoir. Evidement, il est clair que ce retour, irréfléchi en soi, cacherait plutôt une vengeance qui ne dit pas son nom contre les Sénégalais, ceux-là qui avaient mis fin à son règne, plus tôt qu’il le prévoyait ou l’envisageait, car pour lui, tout au moins, celui-ci devait être cinquantenaire.
Il est, bien entendu, sûr et certain pour beaucoup d’entre nous qui le connaissent bien que ce retour de l’ex-Président du Sénégal ne veut nullement signifier que ce dernier se faisait des soucis pour le sort actuel de ses compatriotes. Ou bien qu’il veut partager, à présent, avec ses concitoyens qu’il avait abandonnés aussitôt après sa défaite leurs souffrances et peines actuelles. C’est du faux et de l’arnaque encore que Me Wade, comme à son habitude, prépare comme une revanche contre les Sénégalais.  Et pour arriver à cette fin, il décide de faire table rase de son passé. Il invite alors des politiciens amnésiques ou oublieux, qu’il veut essayer d’embrigader, à en faire de même, en oubliant sûrement pour juste le temps de ces élections, toutes les divergences, ambitions et querelles qui les avaient opposés dans le passé. C’est évident qu’une telle bouillabaisse ou sauce «soupkanja» éclatera en mille morceaux, dès après les élections, c’est-à-dire à l’heure du partage du butin. Suivez mon regard !
Ainsi, Me Wade veut opportunément profiter uniquement de l’occasion de ces élections législatives afin de tenter une ultime fois de revenir au pouvoir. Un retour qui est en réalité pour le compte de son fils. Celui-là, qui ne se bat ni ne mouille jamais le maillot quand il faut, mais qui cueille toujours les fruits du travail des autres qui sont au service de son père. Ce retour que Me Wade, naïvement, pense encore qu’il être possible, il ne compte le réussir qu’en s’appuyant sur un tel échafaudage abracadabrant qui n’est d’ailleurs rien d’autre qu’un piège qu’il tend encore aux Sénégalais. Et à cet effet, il cherche ou trouve ainsi l’occasion d’avoir à son service cette partie de l’opposition qu’il va utiliser comme un cheval de Troie pour arriver à ses fins.
Me Wade, encore lui, est en train de mijoter un plan d’arnaque à l’intention de politiciens crédules, incapables de tirer les leçons du passé et de leur expérience personnelle vécue avec ce dernier. Et cet appel incongru et complètement contre nature que ce dernier vient d’entreprendre n’en est que la preuve formelle. Et ce soi-disant appel à l’unité et au rassemblement de «l’opposition» derrière lui sous-entend en vérité, sans le dire ouvertement, être derrière son fils Karim Wade. Ce coup est, en tout cas, aux yeux de beaucoup de Sénégalais attentifs, non amnésiques et de bon sens, une énième tentative de piéger ses partenaires peu prévoyants.
Oui, parce que nous avons encore en mémoire et nous nous rappelons parfaitement les pratiques passées du secrétaire général national du Pds en cette matière. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que Me Wade prépare à nouveau à l’encontre d’une certaine opposition politique, vraiment crédule, car étant malheureusement si obnubilée et aveuglée par le mirage des délices du pouvoir, sans même prendre le temps de réfléchir ni celui de penser au coup de Jarnac, dont Me Wade est passé maître en la matière.  Mais ces politiciens-là ont-ils déjà oublié une partie de l’histoire politique ainsi que tous ces tours de Njombor que Me Wade a eu à jouer à ses différents partenaires ou coalisés politiques dans sa carrière politique ? Ont-ils oublié aussi le cas du projet d’une liste unique de l’opposition avec le Pds lors des Législatives de 1998, lorsque Me Wade avait imposé d’autorité ou arbitrairement que les 27 premiers de la liste unique des candidats devraient être tous du Pds et, ce n’est qu’après, que les autres viendraient ?
Certains politiciens, parmi cette liste, oublient-ils que, pour accéder au pouvoir, Me Wade est toujours prêt à tout, quitte même à collaborer ou s’allier avec le diable et en usant de tous les moyens, même ceux inimaginables ou non conventionnels, moralement parlant ? On se le rappelle encore, ce coup qu’il avait joué à ses alliés de la coalition alternance 2000, en revenant après son élection sur quasiment tous ses engagements pris, bien que ce soit lui-même qui avait eu à rédiger la préface et adhéré entièrement au programme de cette Ca 2000. Tout cela est encore tout frais dans nos mémoires et devrait tout autant l’être aussi chez eux pour des politiciens avertis. L’on ne devrait pas aussi oublier du reste la manière ou méthode avec laquelle il usait pour liquider tous ses seconds lorsque, pour lui, ces derniers commençaient à prendre de l’ampleur dans le parti ou selon sa formule consacrée «lorgner son fauteuil». Tout cela, après les avoir utilisés pour toutes les sales besognes.
C’est triste de voir un tel montage de circonstances qui ne peut être animé ou sous-tendu que par de l’opportunisme et des intérêts strictement personnels. Il est révoltant de voir ces politiciens dans cette liste accepter l’offre de Me Wade sans même s’interroger pourquoi subitement son changement bienveillant à leur égard. Et à quelle fin est destinée véritablement une telle opération empreinte de meilleurs sentiments à l’égard de personnes qu’il haïssait, presque ? Mais n’y a-t-il pas anguille sous roche dans une telle attitude aussi brusque ? Cette coalition n’est-elle pas réellement un deal au détriment des larges couches déshéritées, concocté par ceux-là qui ont déjà pillé hier notre pays et qui veulent revenir au pouvoir par la petite porte ? Bien sûr que oui ! C’est sûrement, dans leur seul but et désir de devenir député demain, à défaut d’être autre chose, afin de jouir des privilèges exorbitants dont s’arrogent actuellement nos députés au détriment des larges couches populaires que tous ces politiciens veulent maintenant devenir députés.
On peut bien se demander maintenant à propos de tels politiciens qui changent tout au gré des circonstances ou du vent, que deviennent alors leurs convictions et idéaux politiques qu’ils s’arrogeaient, et autres principes d’éthique qu’ils défendaient avec hargne, hier ?  Egalement, que sont-elles devenues les idéologies antagoniques qui s’entrechoquaient et celles-là qui faisaient la différence fondamentale entre leurs partis. Et par ailleurs, du point de vue de leurs orientations politiques et sociales, à savoir le paradigme entre le Libéralisme et le Socialisme ou la Droite et la Gauche, etc., pour ne citer que cet exemple. Ainsi, de tels attitudes et comportements politiques fluctuants ou jojo semblent donner raison à ceux qui qualifient malheureusement tous les hommes politiques de négatifs et opportunistes, parce que ne pensant qu’à eux-mêmes. Ils concluent ainsi en disant qu’ils sont effectivement tous pareils.
En vérité, une telle affirmation n’est pas totalement dénuée de fondement, par conséquent elle n’est pas tout à fait fausse, au regard de la réalité que nous vivons au quotidien dans notre pays et même ailleurs. Parce qu’en fait, nous sommes actuellement, plutôt, en face d’une lutte de place en lieu et place de celle de classe ou d’idéologie. Et la preuve de ce phénomène se voit dès que se pointent à l’horizon des joutes électorales. Ainsi, dans l’obscurité des compétitions électorales, tous les chats, sinon beaucoup d’entre eux (politiciens), deviennent aussitôt gris, et opportunément, toutes les différences, même de taille, s’effacement ou sont tues, comme par enchantement.
Mais qui pouvait objectivement imaginer, il y a de cela quelque temps seulement, qu’une alliance ou coalition à nouveau serait possible entre Me Wade, Idrissa Seck, Khalifa Sall et consorts, malgré tout le différend si sérieux et non vidé jusque-là qui les avait opposés ? Et sans oublier tout le traitement dégradant ainsi que les multiples accusations de toutes sortes que l’ancien chef de l’Etat du Sénégal avait porté à l’époque sur eux, etc.  ? Nonobstant tout ce lourd et grave contentieux, les voici en odeur de sainteté, à vouloir accepter la présente offre de Me Wade, en rangeant sur sa demande armes et bagages aux oubliettes, comme si de rien n’était. Mais ces politiciens, en question, sont-ils conscients qu’ils sont sur le point de ravaler toutes leurs vomissures, en agissant de la sorte ? Bien sûr que oui ! Mais pour ces gens-là, la contrepartie que sont les intérêts personnels en vaut bien la peine.
Voilà justement pourquoi les électeurs, en citoyens conscients de leurs devoirs, devront être très vigilants à l’avenir, afin de détecter et d’identifier clairement tous les anciens pilleurs de nos ressources publiques qui se cachent aujourd’hui sous la peau de chèvre. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons demain les exclure du chemin qui mène vers la gestion des affaires de notre pays. A bon entendeur salut !
Mandiaye GAYE
Mandiaye15@gmail.com

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