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L’Ecole des sables de Toubab Dialaw rencontre depuis des mois, des problèmes financiers. Ses fondateurs avaient lancé des appels pour demander de l’aide. Et les dons qu’ils ont pu récolter vont leur permettre de tenir jusqu’au début de l’année prochaine. Leur problème n’est donc pas tout à fait réglé. Ils sollicitent donc, à travers des correspondances rendues publiques, «de gros sponsors, pour couvrir leurs frais de fonctionnement».

L’Ecole des sables de Germaine Acogny, située à Toubab Dialaw, rencontre depuis un bon moment, des problèmes de financement, ce qui pourrait mettre un frein à ses activités. Plusieurs médias ont fait écho de cette situation ces derniers mois en interpellant les autorités. Mais une solution efficace et définitive n’est à ce jour pas trouvée encore. C’est le troisième appel que lancent officiellement Germaine Acogny et Helmut Vogt (les fondateurs de l’Ecole des sables) pour demander un soutien. Ils invitent en réalité de nouveaux sponsors, afin qu’ils puissent couvrir leurs frais de fonctionnement. «Nous remercions tous ceux qui, après nos deux lettres d’alarme, sont venus au secours», mentionnent-ils dans le document dont Le Quotidien a eu copie et qui donne des informations plus détaillées sur les besoins de l’école.
«Les frais de fonctionnement constituent notre plus grand poste budgétaire et plus grand souci : environ 180 000 euros (117 millions 900 mille francs Cfa) par an, soit15 000 euros (9 millions 825 mille francs Cfa) par mois, qui couvrent les frais afférents à un vrai village de la danse : salaires et entretien des maisons et de l’équipement (environ 30 000 euros par an), électricité, frais d’administration, entretien des voitures, assurances, etc.», expliquent Mme Acogny et M. Vogt. Ils ajoutent : «Grâce à vos dons de ces derniers mois, environ 20 000 euros (13 millions 100 mille francs Cfa), et quelques subventions inattendues, nous pourrons maintenant tenir jusqu’au​ début de l’année. Une petite victoire étant donné​ ​notre situation précaire.» Le couple précise également : «Pendant 9 ans, nous avons bénéficié de l’appui important (50% des frais de fonctionnement) de la fondation Doen, à qui nous exprimons notre profonde gratitude pour nous avoir soutenus pendant toutes ces années.» Mais, «nous espérons maintenant trouver de nouveaux sponsors, dont l’appui nous permettra au moins de couvrir nos frais de fonctionnement», appellent les gérants de l’établissement.
En attendant, ils implorent «les mécènes ou les gros sponsors qui nous sortiront de cette situation d’incertitude». «Vos dons, grands ou petits, comme une transfusion, prolongent notre durée de vie et nous permettent de tenir», sensibilisent encore Germaine Acogny et Helmut Vogt. L’Ecole de sables, appelée aussi Centre international en danses traditionnelles et contemporaines, est créée vers 1998, dans le but de former des danseurs et chorégraphes. Dirigé par Germaine Acogny, cet établissement, qui a comme objectif principal de former des danseurs et chorégraphes de toute l’Afrique, souffre depuis quelques mois de problèmes de financement. C’est pour cette raison que les fondateurs lancent des appels pour demander de l’aide aux autorités sénégalaises, africaines, aux acteurs culturels et aux bonnes volontés.

Des voix s’élèvent et pourtant…
La très culturelle Aisha Dème n’avait pas manqué, dans un article publié au mois de juillet dernier dans la rubrique Point de vue par Le Monde, de poser le vrai débat sur cet abandon à son sort de l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw. «… Je suis passée vite de l’état de surprise à la colère. C’est l’histoire qui se répète : ces monuments de la culture, qui ont porté haut le drapeau du Sénégal et de l’Afrique partout dans le monde, se retrouvent un jour ou l’autre face à de sérieux problèmes financiers, ou de santé, parce que ne bénéficiant pas d’une bonne prise en charge médicale… Cela devient presque banal», écrivait-elle avec justesse. L’activiste culturelle, qui a pour principal combat de mettre en lumière et promouvoir l’art et la culture africaine, rappelait aussi à la conscience collective qu’«ils sont des trésors de notre patrimoine culturel, sur lesquels nous devons veiller, mais ils sont les oubliés de nos gouvernements».
« Le rôle de nos dirigeants n’est-il pas de veiller à la sauvegarde, à la transmission du savoir et de l’héritage culturel ? Dans un monde que je ne qualifierais pas d’idéal mais juste normal, nos responsables auraient créé des écoles et demandé à ces grands artistes de transmettre leur savoir. Ils seraient invités à donner des cours à l’université», analyse Aisha Dème. Elle mentionne également avec une fougue militante que «dans un monde idéal, la grande Germaine Acogny ne devrait pas rencontrer de problèmes financiers pour faire fonctionner son école». «Non, pas la Germaine Acogny de l’école Mudra Afrique. Pas la fondatrice de «la maison mère de la danse africaine», un lieu qui a éduqué, inspiré, encouragé, réuni des danseurs et chorégraphes de toute l’Afrique et d’ailleurs. Pas la Germaine Acogny de Maurice Béjart, celle qui a dansé, chorégraphié et enseigné dans le monde entier et qui est devenue le véritable émissaire de la danse et de la culture africaines. Pas celle que l’on surnomme «la mère de la danse africaine contemporaine». Pas cette enfant du Sénégal qui a porté les couleurs du pays avec fierté, grâce et grand succès». Quelle vérité !
mfkebe@lequotidien.sn
arsene@lequotidien.sn

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