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Honorer ses enfants de leur vivant pour les proposer comme références à la nouvelle génération, le Sénégal n’en est pas le champion. Mais le ministère de la Culture veut rectifier le tir. Pour service rendu au 4ème art, Gérard Chenet et Jean Pierre Leurs ont été récompensés lors de la Journée mondiale du théâtre.

Des hommages posthumes, le Sénégal s’est fait une réputation en la matière. Dans plusieurs cas, il a été déploré de ne reconnaître le travail d’un de ses enfants que tardivement. Une situation qui ne risque pas d’arriver à Gérard Chenet et Jean Pierre Leurs. En effet, pour service rendu au 4ème art, le premier nommé a été choisi par le ministère de la Culture pour parrainer la Journée internationale du théâtre. Le second, pour sa part, a reçu un trophée récompensant l’ensemble de sa carrière de la part de l’Asso­ciation de la presse culturelle.
Célébrant la Journée internationale du théâtre, le Sénégal a rendu à Gérard Chenet et Jean Pierre Leurs ce qui leur appartient : Une reconnaissance ! Même si respectivement ils ont reçu des promesses d’un et un demi-million Cfa de la tutelle, il saute aux yeux que plus que l’argent, c’est ce «remerciement» qui les rend fiers. Comme l’a mentionné Gérard Chenet : «Je suis content de recevoir cette distinction. Le Sénégal m’a adopté et je le prends avec humilité.» Haïtien de naissance, Gérard Chenet est tombé amoureux du Sénégal en 1968 lors du premier Festival mondial des arts nègres. Depuis lors, il n’a pas quitté «son pays». C’est à Toubab Dialaw qu’il s’est installé. Il y a, lui-même, construit sa maison avec du bambou, des pierres taillées dans la roche volcanique et du marbre d’Italie de récupération.
L’espace Sobo Bade, un hôtel restaurant écoresponsable, mais surtout un lieu culturel d’échange où s’organisent des stages de rythme et de danse traditionnelle africains, des créations chorégraphiques, des spectacles de théâtre expérimental, des stages d’initiation au batik, des symposiums de sculpture, de céramique et de peinture, des ateliers musicaux, porte sa signature. Le site culturel et écologique de L’Engouement a été construit par Gérard, comme aiment à l’appeler ses proches. Faut-il rappeler qu’il est à la fois dramaturge, poète, sculpteur et architecte.
Plus populaire, Jean Pierre Leurs n’a pas manqué de souligner sa fierté de recevoir ce trophée de la presse culturelle. Le metteur en scène a affirmé que «la reconnaissance est importante. On a été éduqué comme ça. C’est un plaisir de recevoir ce trophée ici, chez moi. J’ai tout appris à Sorano».
Ces distinctions ont été le point d‘orgue de la célébration de la Journée internationale du théâtre. Auparavant, aux environs de 10 heures, hommes des planches, travailleurs de l’ombre, passionnés, journalistes ou autorités administratives, tous ont pris d’assaut la salle mythique de Sorano pour écouter le message de l’Institut international du théâtre. Cette année, l’Iit a fait appel à 5 rédacteurs issus de chacun des 5 continents. L’objectif était de souligner l’aspect interculturel et international du 4ème art et le message de Were were liking, de la Côte d´Ivoire, a été axé sur la nécessité d’ouverture et le rôle du théâtre pour y parvenir. Dans un poème, l’artiste pluridisciplinaire a magnifié le théâtre.
Pour sa part, outre les promesses financières faites aux 2 lauréats, le ministre de la Culture a exprimé tout son engagement à «redonner au théâtre ses lettres de noblesse». Abdou Latif Coulibaly a aussi exhorté les artistes à adhérer à la mutuelle de santé que leur propose le gouvernement. D’après ses explications, la protection sociale est le premier pas vers le développement du secteur.
mgaye@lequotidien.sn 

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