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Catherine Cano, Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), quitte son poste sur fond de divergences avec la Secrétaire générale Louise Mushikiwabo. Les deux s’étaient auparavant séparées d’une bonne partie de l’équipe administrative. Mais le ménage a fini par emporter Mme Cano de la boîte et mettre en lumière la gestion controversée de celle qui a succédé à Michaelle Jean.

La Canadienne Catherine Cano, Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie, quitte son poste. Sa démission avec effet immédiat a été acceptée par Louise Mushikiwabo. La Secrétaire générale, par mail, en a informé les employés de l’Oif, le mercredi dernier.
«Considérant les désaccords persistants sur ses méthodes de travail, la Secrétaire générale a décidé que cette démission prendrait effet immédiatement», a écrit Louise Mushikiwabo dans le courriel que nos confrères du Journal de Québec avaient consulté. Hervé Barraquand, chef de bureau de l’Administratrice, «assurera la continuité des services et le suivi des dossiers en cours», est-il écrit dans le mail de Mme Mushikiwabo.
Si pour le moment, le fond de cette démission reste méconnu, le Journal de Québec explique que «des divergences se seraient manifestées à la tête de l’Oif au sujet d’une nomination». En décembre dernier, c’est le magazine Jeune Afrique qui avait rapporté que «plusieurs directeurs avaient été remerciés par Mme Mushikiwabo et Mme Cano». La nomination à l’un de ces postes serait le sujet de divergence.
Nommée en 2019, Catherine Cano avait la responsabilité des affaires quotidiennes de l’Oif, de la gestion des finances et le mandat de la refonte de l’institution. «Ils sont venus me chercher car je sais bien gérer. Ce n’est pas une bonne idée d’être opaque, car c’est l’argent du public», avait affirmé Catherine Cano qui voulait réformer en profondeur l’Oif. Catherine Cano a hérité du poste d’Administratrice de l’Oif dans la foulée de la fin de mandat de l’ancienne Secrétaire générale, Michaëlle Jean. Le Canada a joué de stratégie en coulisses lors du Sommet de la francophonie de 2018. Le gouvernement Trudeau a soutenu la candidature de la Rwandaise, Louise Mushikiwabo, pour qu’en échange le Canada puisse obtenir le poste d’Administrateur, assuraient plusieurs sources. Finalement, Catherine Cano a bel et bien obtenu ce poste, en avril 2019.
En novembre dernier, Louise Mushikiwabo avait changé son directeur de cabinet. Le Français, Nicolas Groper, nommé en 2019, a été remercié le 4 novembre dernier. Il est remplacé par Jean-Marc Berthon, le Conseiller spécial du Président Emmanuel Macron pour la Francophonie. De plus, le sommet de la Francophonie prévu en Tunisie a été renvoyé du fait du Covid-19. Djerba 2021 a été proposé pour remplacer Tunis, qui devait accueillir au mois de décembre le sommet fêtant le 50ème anniversaire de l’Oif. Mais au rythme où se présentent les choses, on a le sentiment qu’un autre report n’est pas à exclure.
Il faut noter que le sommet de la Francophonie est organisé tous les 2 ans. Il définit les orientations de la Francophonie dans un cadre stratégique décennal de manière à assurer son rayonnement dans le monde. Catherine Cano, avant son départ, était responsable «de revoir complètement le mandat, les priorités et les dépenses de l’Organisation internationale de la francophonie. Un mandat névralgique qui s’est imposé suite aux nombreux scandales qui ont éclaboussé l’institution avant 2018», indiquent les journaux canadiens. Le mandat de Michaëlle Jean a été dominé par une succession de controverses, qui lui a coûté sa réélection.
Louise Mushikiwabo, dont le mandat avait bien commencé, semble s’être empêtrée dans des controverses, qui mettent en lumière son mode de gestion, que beaucoup d’acteurs n’hésitent plus à critiquer plus ou moins ouvertement.

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