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Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes) n’est pas en phase avec la démarche de sa tutelle pour l’orientation de tous les nouveaux bacheliers dans les universités publiques. En conférence de presse hier, la section du Campus de Dakar a montré toute son indignation à l’encontre des mesures prises par le gouvernement et qui auraient entraîné des conséquences néfastes dans l’enseignement universitaire.
«Nous constatons avec regret depuis quelque temps que le gouvernement nous impose une nouvelle vision de l’enseignement supérieur, qui engendre un changement majeur impactant la qualité de l’enseignement mais surtout sur la santé des différents corps qui composent ce secteur», a dit Abdoulaye Dieng, le nouveau coordonnateur du Saes de l’Ucad, qui exige «l’audit du processus d’orientation des bacheliers».
Selon lui, le ministre de l’Enseignement supérieur «a décidé d’orienter l’ensemble des bacheliers dans le public sans avoir posé des préalables mais surtout en violant de la manière la plus flagrante le décret n°2016-1805 relatif à l’orientation des bacheliers».
A l’en croire, «l’Ucad a subi une vague de décisions prises dans la précipitation» et qui ont pour noms : «L‘orientation frénétique et soutenue de bacheliers dans les différents établissements, le non-respect des critères pédagogiques permettant une prise en charge optimale des dits bacheliers, le manque criant de salles et de laboratoires pour les travaux pratiques et les travaux dirigés, l’impossibilité pour les amphithéâtres de contenir tous les étudiants du fait de manque de place, un projet de recrutement jusqu’à présent hypothétique car le budget nécessaire pour couvrir cette masse salariale n’est pas encore mis en place».
Ces maux, se désole-t-il,  ont créé un dérèglement dans leur système éducatif. Pourtant,  «le Saes a, dès le début du processus, fustigé la démarche du ministre de l’Enseignement supérieur qui consiste à s’accaparer de la sélection, l’orientation et l’inscription des bacheliers, en violation de la loi 94-79 sur les libertés et franchises universitaires».

L’obsolescence des textes décriée
Le Saes Campus Dakar a aussi dénoncé «l’inexistence ou l’obsolescence des textes sur la gouvernance des universités au regard de la loi cadre n°2015-26 du 28 décembre 2015 relative aux universités publiques». Car pour les syndicalistes de l’Ucad,  toutes les universités publiques du pays fonctionnent dans une parfaite illégalité  depuis quatre ans faute de décret d’application de ladite loi. Alors que, relève Abdoulaye Dieng, «le projet de décret a été examiné et validé par toutes les instances des universités».
Le Saes/Ucad «s’oppose à ces procédés et pratiques qui occasionnent une décadence de l’enseignement supérieur et crée une surcharge de travail énorme et un inconfort au sein du corps que nous défendons».
Il est déterminé à gagner la lutte pour le respect par les enseignants-chercheurs de leur quantum horaire statutaire, «le respect des horaires de travail tel que défini par la loi (de 8h-à 18h avec une pause intercalée de deux heures), la décision de ne plus dispenser des enseignements hors de l’espace universitaire, telle que définie par la loi 94-79 relative aux franchises universitaires». Il invite le gouvernement à agir pour pallier le désagrément et  le dysfonctionnement occasionnés par cette décision, en apportant  des réponses concrètes à  leurs requêtes dont la signature et l’application des textes de gouvernance des universités publiques.
justin@lequotidien.sn

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