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Des défis qui entravent la transition verte. La productivité agricole, la maîtrise d’eau, l’agriculture, la pêche, l’industrie, le tourisme sont autant de secteurs où les pouvoirs publics devront investir, faire des réformes pour espérer bénéficier de toutes les potentialités d’une économie verte et durable. La stratégie nationale de la croissance verte qui se propose de réaliser cet objectif fera prochainement l’objet d’une validation politique.

Une croissance verte et inclusive reste jusqu’à ce jour un défi au Sénégal. Les acteurs ayant participé au processus de mise en œuvre de la stratégie nationale de croissance verte ont d’abord fait un diagnostic et ont mis le curseur sur les difficultés liées à la faible productivité agricole, la maîtrise d’eau, le transport, l’accès à l’énergie. Pour Mamadou Konaté, conseiller sénior en croissance verte à l’Institut mondial pour la croissance verte Sénégal (Gggi), ce n’est pas viable que 70% de la population s’activent dans le secteur agricole et que la contribution à ce secteur dans le Pib soit relativement très faible. Il propose la surveillance de ces indicateurs pour accroître la productivité. Aussi, relève-t-il, «la surexploitation des ressources halieutiques, la forte pression exercée sur le couvert forestier et la dégradation des sols combinées aux contraintes identifiées dans les secteurs comme l’éducation (les inégalités et les disparités), la santé, les infrastructures, le tourisme, les mines, l’industrie, bref tous les secteurs de développement donnent à notre pays un profil pas très bon pour tirer le potentiel de la croissance verte».
Quel modèle doit-on proposer ? Pour le conseiller en économie verte, il faut des investissements, des réformes, une formation des acteurs pour renverser la tendance. Et c’est ce travail que la stratégie nationale de croissance verte se propose de faire en 5 axes stratégiques avec 23 objectifs. Ce document technique est un instrument qui va permettre à notre pays d’accélérer la réalisation de projets phare et des interventions d’envergure à fort impact économique et social. Ceci pour permettre la création d’emplois verts durables. Il sera validé au cours de l’atelier de partage. Les participants vont ensuite estimer le coût des interventions consignées dans le document et élaborer une feuille de route avant la validation politique prévue les 29, 30 et 31 mai 2018 au Centre international de conférence Abdou Diouf et dont le lancement des activités est prévu ce vendredi, annonce le Secrétaire général du ministère de l’Environnement et du développement durable.
Ce document intervient dans un contexte d’exploitation gazière et pétrolière au moment où la Communauté internationale bannit les énergies fossiles au profit d’une économie verte qui coûte plus cher. Le Secrétaire général du ministère de l’Environnement et du développement durable, pour sa part, soutient que notre pays ne va pas fonder son développement sur les énergies renouvelables. «Nous allons continuer à développer les énergies fossiles, car l’Europe s’est développée avec ces énergies avant d’adopter l’économie verte. Par contre, on ne peut pas nous demander de laisser de côté les énergies fossiles au risque de polluer la planète ; même si nous souffrons des changements climatiques dont nous ne sommes pas responsables», fait-il savoir.
Malgré cette position, il faut noter que le Sénégal a signé les instruments de ratification du traité en novembre 2014. Il siège depuis septembre 2016 comme membre du bureau du Conseil de Gggi pour un mandat de deux ans. L’Institut mondial de croissance verte (Gggi) est une organisation intergouvernementale qui a pour vocation d’accompagner les Etats dans une transition verte.
ndieng@lequotidien.sn

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