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Aux reproches de l’opposition de ne pas être un partisan du dialogue, le Président Macky Sall n’a cessé à chaque fois que l’occasion s’est présentée (cérémonie de présentation de condoléances, séminaires internationaux, etc.) de répondre à leur requête .Quand une demande trouve une suite favorable, le demandeur doit faire preuve d’objectivité, de lucidité, de sérénité et de moins de chantage afin que la discussion puisse être amorcée sur les sujets objet de la discorde.
La classe politique qui se dit significative ne semble pas comprendre les paradigmes autour desquels doit être structuré tout dialogue, elle ne comprend pas également que l’Etat ne doit point diluer sa souveraineté aux caprices d’opposants téléguidés par un vieux opposant, ancien Président qui ne pardonne pas à ce que son projet de dévolution monarchique ne puisse aboutir. Il est temps que l’opposition qui se dit significative cesse d’être annexée au système de pensée et au gré des humeurs du vieux Wade au crépuscule de sa carrière politique.
Abdoulaye Wade qui a saturé toutes ses stratégies de bloquer le fonctionnement de l’Etat, compte maintenant agir sur la faiblesse d’esprit et de caractère d’opposants plus suivistes que libres de pensée.
La dialogue démocratique est un mode d’action auquel le Président Macky Sall essaye de satisfaire pour rendre plus reluisante l’image du Sénégal en matière de gouvernance politique ; les prétentions folles et démesurées d’une certaine classe politique semblent être le grain de sable qui rend indigeste et même incomestible le «couscous» ; le Sénégalais lambda en prend acte.

Des points d’achoppement surmontables
Les points de discorde ayant comme centre de gravité le parrainage, le pétrole et le gaz devraient être des points de convergence car le premier vise une discipline et une efficacité du système de conquête du pouvoir car évitant et évinçant les candidatures fantaisistes que les dernières législatives objet de tous les déboires et errements ont révélées. La conquête du pouvoir ne doit pas être une compétition à laquelle tout le monde doit prendre part, mais plutôt une épreuve où ne s’invitent que ceux qui ont un minimum de légitimité et de représentativité, et le nombre de 52 000 parrains me parait le baromètre objectif de légitimité pour tout prétendant au pouvoir.
La caution financière assez élevée que recommandent certains Sénégalais dégoutés par les candidatures farceuses et fantaisistes, risque de rendre notre système électoral censitaire, alors que le pouvoir ne doit point être un privilège uniquement réservé à l’argent. Le parrainage est un critère de sélection de participation qui n’affiche personne a priori car il permet de savoir pour tout postulant, le degré d’estime des votants vis-à-vis de son projet politique et de sa personnalité politique. Le parrainage permet également au lendemain des élections, de déterminer de la manière la plus objective et la plus raisonnable, le leader de l’opposition. L’op­position «dite significative» voit partout le diable parce que son chantre (père Wade et son parti) refuse de croire que le jeu politique peut se dérouler sans Karim dont le contentieux dont il est la principale cause le met hors de course.
Tous les partis hostiles au parrainage ont manqué de faire le nécessaire travail de propagande et de mobilisation à la base ; les programmes politiques manquent, et les leaders politiques ne résument l’action politique qu’à l’élection (législative ; territoriale ou présidentielle). A la base, point d’animation politique en permanence, le militant n’est la préoccupation du parti que pendant les moments où ses suffrages sont voulus. C’est dommage, les élections doivent être rationalisées pour cesser d’être un exercice de comédiens politiques banalisant notre système démocratique et la clochardisant même ; nos voisins d’Afrique ne font pas ça, et les systèmes démocratiques d’Europe et d’Amérique offrent des clichés plus modèles et plus appréciés au point qu’ils sont évoqués à chaque fois qu’il est question de citer un modèle démocratique de référence. Le Pds est obstiné dans le reniement (wax et waxet), jadis partisan du parrainage, il montre aujourd’hui une attitude autre et les raisons avancées ne résistent pas à l’analyse mais relèvent plutôt d’une certaine frilosité puérile dont le porte-drapeau est le pape du Sopi qui ne peut pas concevoir des élections où Karim n’est pas partant.
De grâce, le Président Wade doit comprendre et admettre que Karim n’est pas «l’alpha et l’oméga» de notre vie politique et la fonction présidentielle n’est pas l’unique destination de Wade-fils qui peut être utile à son pays en d’autres cieux.
Le pétrole et le gaz, loin d’augurer les lendemains prometteurs et roses pour le pays, sont source de supposées malédictions théorisées par une classe politique qui refuse de positiver, croyant que le manque de mesure et de retenue politique qui anime ses acteurs, sera emprunté par les Sénégalais dont le sens du dialogue, de la paix et de la cohésion nationale transcendent les égoïsmes plats et étroits de certains nihilistes adeptes du catastrophisme de mauvais aloi. Je ne crois pas personnellement à la malédiction du pétrole et du gaz, et dans les pays où ils ont causé des situations tragiques, la notion de Nation a subi les revers des contradictions ethniques ou religieuses. L’ethnie au pouvoir s’est érigée en pôle dominant, écartant les minorités perdantes et les confinant à la périphérie du pouvoir et des richesses que ces deux ressources ont créées.
Quand le pétrole et le gaz sont des signes d’émergence, le sursaut citoyen dicte que l’exploitation et la gestion soient une plage de convergence entre acteurs politiques et un facteur de cohésion sociale qui consolide l’Etat-Nation ; les pays où ces deux richesses sont source de tension et de déchirure sociale, abritent des régimes où les critères de promotion, loin d’être la compétence et le mérite, trouvent plutôt leur fondement dans des considérations ethniques ou partisanes.
Le Sénégal, touchons du bois, est loin de ce spectre, et la Nation qui nous unit transcende la confrérie, les religions et l’ethnie ; chaque citoyen est prêt à sacrifier son ego ou l’intérêt de son groupe pour servir la cause nationale. Cette quiétude nationale ne peut être troublée par des présupposés présidentiables en conflit avec la loi et payant la peine de leur faute. Les tribunaux ont jugé et l’opinion a condamné ; au nom de l’équité la plus naturelle, les peines sont bien proportionnelles à la faute commise par Karim et Khalifa. Ce serait un dommage que des présidentiables soient des délinquants financiers peu soucieux des dommages que leur délit engendre au pays.

Une opposition qui refuse de s’affranchir
Les prises de position d’une certaine partie de l’opposition dénotent un certain manque d’indépendance. Il faut qu’elle refuse de suivre le Pds qui prend Wade père pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire un homme providentiel qui, en marge de tous ces enjeux, opte pour le sabordage de ce qui se fait de positif dans ce pays en l’absence de Karim. Je préviens cette opposition  «dite significative» d’éviter le piège tendu par Ndamal Kadior aux élections législatives de la première alternance ; le boycott des Niasse, Tanor et autres, leur reste encore au travers de la gorge car la chaise vide n’est pas le meilleur procédé en politique. Idy et son père spirituel Wade, ont ce dénominateur commun de saborder toute compétition politique où ils ne partent point favoris, le jeu de yoyo jadis reproché à feu Djibo Ka devient l’apanage de cet ancien Premier ministre accusé de malversation financière par son ancien Prési­dent.
Abdou Diouf, Habib Thiam, Niasse, Hadjibou Soumaré, Souleymane Ndéné, Abdoul Mbaye, Macky, Mame Madior et Mimi n’ont jamais été cités dans des scandales financiers. Le protocole de Reubeuss est suffisant pour les Sénégalais et les aveux de ses acteurs sont autant de faits qui dissuadent les leaders de l’opposition à être remorqués par un duo aussi fluctuant que le dollar.
Ousmane Sonko, l’un des leaders qui ont le plus de carrière politique, lucide et modéré, doit se démarquer de ces mercenaires politiques plus proches du déclin et l’estime que les Sénégalais lui vouent ne doit pas être entachée par ce rapprochement avec des gens en perte de crédibilité et qui changent de posture au gré de leur intérêts.
J’ai bien apprécié l’attitude du Pur du Professeur Issa Sall. Ce dernier a pris sa liberté vis-à-vis de ses soi-disant leaders de grands  partis. Jamais il n’a été dans cette mouvance du «yobaléma», ce dernier s’est vite affranchi de ce diktat d’un ancien Président ayant perdu toute lucidité et tout esprit de discernement et de cet ancien Premier ministre ayant des rapports névrotiques avec l’argent et le pouvoir ne supportant pas d’être le citoyen de son ancien camarade de parti, oubliant que c’est Dieu qui donne le pouvoir et qu’il le retire de qui il veut ; dommage que «Mara» lit le Coran, l’évoque, mais sans en faire un guide dans ses actions quotidiennes.
Le Front de Défense de la République n’est qu’un instrument au service de Abdoulaye Wade pour réussir ce qu’il n’a pu avec son propre parti, et n’ayant plus dans ses rangs les kamikazes pour porter le combat politique. Ce cadre composé essentiellement d’éléments qui lui doivent leur titre de député (pour certains) et ayant saturé toutes leurs opportunités de gagner quelque chose en politique, trouvent en Wade un tuteur politique dont il faut assouvir les desseins et les caprices au prix d’une éventuelle rançon.

Récuser le mythe Karim
Des manœuvriers maoïstes peu représentatifs, ligués à des économistes peu mordants, animent le front avec d’anciens libéraux qui ont perdu postes et privilèges du fait de Karim. Des hommes à qui Abdoulaye Wade a fait les dommages les plus lourds au seul motif de propulser le jeune Karim à une station que le palmarès n’expliquait pas du tout, des hommes que le pape du Sopi a taxé de sacrifier des albinos, marchent au gré des fantaisies et délires de ce vieux perdant qui semble méconnaitre la célèbre maxime de Chateau­briand  «La gloire pour un vieillard est comme les parures pour une vielle dame, elle la parent mais ne l’embellissent pas.»
Des politiciens récusant l’alternance générationnelle, s’entêtent à croire à l’avènement de races d’hommes politiques capables des ruptures les plus audacieuses, illustrées par des politiques qui servent l’intérêt des populations.
La participation de Karim à la prochaine Présidentielle semble hypothétique au regard de la déclaration du directeur de la Formation et de la communication de la Direction générale des élections, ce qui donne raison à Pape Samba Mboup devant ceux qui nourrissaient le rêve d’avoir Wade-fils comme candidat.
Une grande équation se pose alors au Pds, car le pape du Sopi n’a jamais accepté d’alternative autre que son fils, qui a toujours été absent aux grands combats des Libéraux. Il faut que les Libéraux apprennent à dire non à leur Secrétaire général et qu’ils lui rappellent que Karim n’est ni indispensable, ni la seule compétence au Pds. Wade-fils est la cause de tous les déboires des bleus et son père semble oublier qu’en politique la station présidentielle doit être une conquête personnelle et non l’œuvre du père. Les militants du Pds doivent refuser d’utiliser le reste de leurs forces dans un combat perdu d’avance, et qu’ils refusent également de se sacrifier pour des combats dont le mobile est au Qatar, en grand épicurien.
Ibrahima KA
Yoff Mbenguéne
Militant Apr Administrateur adjoint de la Rencontre
des acteurs et mouvements pour l’émergence (Rampe) 

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