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«Patere legem quam ipse fecisti»
Cette locution latine, originaire du droit romain, signifie textuellement : «Souffre de la loi que tu as faite toi-même.» Autrement dit, «subis les conséquences de ta propre loi». Elle suffit pour justifier la ferme volonté des membres du Sytjust d’organiser un congrès extraordinaire le 6 avril 2019. Si cet adage s’impose sans réserve à l’autorité administrative, il ne laisse aucune liberté à un syndicaliste qui se cherche.
En effet, en 2014 lorsque le mandat du Bureau exécutif national (Ben) dirigé par Maître Ousmane Diagne est arrivé à expiration et que ce dernier s’est projeté vers un congrès ordinaire dans les six mois à venir, l’actuel Secrétaire général, Maître Aya Boune Malick Diop, ne l’a pas entendu de cette oreille. Candidat au poste de Secrétaire général du congrès alors en vue, il avait très vite développé une stratégie pour faire face. Le premier acte qu’il avait posé avait consisté à créer une page Facebook «Comité de veille pour la tenue du congrès du Sytjust». Le neuf février deux mille quatorze, Maître Aya Diop tenait dans cette Tribune les propos que je cite in extenso : «Chers amis, le Bureau exécutif national, réuni hier au Palais Lat Dior, de Dakar a pris sans un mandat valide une décision lourde de conséquences. Il a décidé d’organiser le congrès ordinaire les samedi et dimanche 26 avril 2014 à Saly, c’est-à-dire plus de six mois après péremption des mandats de ses membres. Nous voilà ainsi exposés à une situation d’incapacité qui va nous mener encore à une année blanche syndicale, car la fin du mois d’avril est à l’orée des vacances judiciaires. Et dans cette période de paralysie de nos revendications, le gouvernement peut ignorer sans peine toutes nos préoccupations et même pire, il pourra amoindrir à sa guise nos acquis sans aucune inquiétude, comme cela fut lorsque les textes régissant les frais de nantissement furent modifiés sans l’avis des travailleurs de la justice défendus par un Sytjust en perpétuelle somnolence. C’est dire en d’autres termes, que nous risquons tous cette fois-ci de subir les dommages d’une fatalité certaine. Quels que soient les motifs que les membres du Ben puissent évoquer, cette décision ne présente que des désavantages au détriment des travailleurs de la justice. Au-delà des inquiétudes dont je viens de faire état, l’organisation d’un congrès dans la station balnéaire de Saly mettrait le Sytjust dans une situation financière catastrophique car elle coûterait au bas mot plus de huit millions si l’on s’en tient à la facture du congrès antérieur, qui avait été réglée difficilement grâce à la générosité d’une personne qui est des nôtres et qui s’activait dans la promotion immo­bilière : cela serait un indécent gaspillage des maigres contributions des membres du Sytjust car le coût élevé d’un congrès festif nous a contraints au recours à une exécrable mendicité qui se traduit à des demandes de soutien à la primature, à la chancellerie et à l’Assemblée nationale. Ces quêtes aux relents de mendigot auront inéluctablement un impact négatif sur les relations entre le gouvernement et le syndicat des travailleurs de la justice.
Chers amis travailleurs de la justice, je ne suis pas en train de critiquer le bilan du Ben. Je l’avais fait lorsque j’avais cru qu’il fallait le faire, et je crois que l’heure n’est plus à cela. Je suis simplement entrain de vous dire que toutes les limites concevables ont été atteintes ; que demain s’il y aura des personnes qui devront porter le blâme cela ne sera pas onze personnes qui ont fait ce qu’ils ont voulu, mais plutôt il tombera sur ceux qui les ont laissé faire, c’est-à-dire nous-mêmes. Que chacun d’entre nous se calfeutre de son coin en disant «doynawaar» et les choses iront bien ! A vos responsabilités ! »
Tenez-vous bien! Ces mots sont, bien sûr, de Me Aya Diop qui fait aujourd’hui le tour des organes de presse pour traiter ses collègues, camarades du Sytjust de “farceurs” et de “brebis égarées”. Lui qui jadis, nous invitait au combat pour le respect de la légalité, de l’équité et de la légitimité. Le compte rendu rédigé de sa main, le huit février deux mil quatorze, est suffisamment édifiant : «Les travailleurs de la justice ont tenu une assemblée le 8 février 2014 à l’amphithéâtre Kocc Barma de la Fastef ex-Ecole normale supérieure de Dakar. A cette occasion, ils ont constaté que depuis le 7 novembre 2014 personne n’a le pouvoir d’agir en leur nom étant donné qu’à cette date, le mandat des membres sortants du Ben fut frappé de caducité. Ils ont pu aussi relever que les membres sortants du Ben se sont exclus d’office du respect des dispositions statutaires réglementaires lorsqu’ils ont failli à leur obligation de planifier l’organisation d’un congrès durant la validité de leur mandat. Ils ont dès lors retenu qu’il revient à la base du Sytjust de décider souverainement d’une date et d’un lieu pour organiser un congrès. Par ailleurs, l’inertie impulsée et entretenue par les membres sortants du Ben, accentuée par le défaut exacerbé de communication justifie la perte de confiance de la base à leur encontre, ont-ils souligné. Ainsi, les travailleurs pensent que cela est un argument qui plaide à ce que la base exerce la souveraineté. Ils ont convenu que le Sytjust ne peut se permettre d’organiser un congrès dans un week-end de jouissance à Saly qui ferait supporter aux travailleurs de la justice une facture qui avoisinerait huit millions de francs ; que le recours à la grâce du Garde des sceaux pour financer cette entreprise est une atteinte à la crédibilité du Sytjust. Ces arguments parmi tant d’autres et le souci de remettre le Sytjust dans le meilleur des délais sur les rails de la défense des intérêts des travailleurs de la justice ont présidé à ce que la base ait décidé à ladite Ag d’organiser un congrès le 22 février 2014 à Dakar.»
Le Sytjust allait ainsi droit vers l’explosion. De bonnes volontés avaient offert leurs bons offices. Les membres du Ben d’alors avaient lâché du lest aussi. Les deux camps avaient ainsi convenu d’une date de congrès les 29 et 30 mars 2014, à Saly. C’est lors de ce congrès que Me Aya Diop avait été porté à la tête du Sytjust pour un mandat de trois ans.
Malheureusement, contre toute attente et pour des prétentions manifestement illicites, l’actuel Secrétaire général en a pris cinq, sans gêne et dit à qui veut l’entendre que son mandat n’est pas à terme. Pire, il soutient que son mandat ne s’inscrit pas dans la durée ; Qu’il est plutôt lié à son “agenda” et “qu’au moment opportun, il va convoquer la commission administrative seule habilitée à fixer la date du congrès“.
En agissant de la sorte, l’Ex-Secrétaire général s’arroge donc d’un pouvoir décisionnel qui sort de l’ordinaire. Et, c’est parce que nous sortons de l’ordinaire que nous allons vers la tenue d’un congrès extraordinaire le samedi 6 avril 2019, à Thiès.
Congrès bon gré malgré!
Au nom du comité d’organisation du congrès extraordinaire
Maître Ibrahima DIOP
Greffier au Tgi de Saint-Louis
Ibuamy7@yahoo.fr

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