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Si le juge suit les conseils du Parquet, la société d’assurance Nsia devrait pour quelques mois se passer des services de son chef Mamadou Mbengue. Jugé hier pour association de malfaiteurs portant sur la somme de 5 millions de francs, il risque 6 mois de prison ferme. La décision sera rendue le 26 juin.

Le chef de l’assurance à Nsia court de risque de garder la prison pendant 6 mois. C’est la peine requise à son encontre par le représentant du Parquet. Mamadou Mbengue comparaissait hier devant le Tribunal des flagrants délits pour «association de malfaiteurs» portant sur la somme de 5 millions de francs. Cet assureur, nanti d’une carrière professionnelle de plus de 30 ans, a été approché par son ami Pape Modou Lô pour établir un procès-verbal de garantie entre lui et Assane Mbengue. En fait, ce douanier, après une retraite bien méritée, voulait amener son fils Ndiaga Mor Mbengue aux Etats-Unis. Ainsi, le démarcheur lui a promis de trouver le sésame à son fils dans un délai de deux mois, moyennant la somme de 5 millions de francs. Mais par mesure de prudence, l’ancien douanier a exigé à Pape Modou Lô une garantie en vue de sécuriser son argent. Et dans les termes du contrat de garantie, il a été convenu que le démarcheur ne devrait entrer en possession de l’argent versé dans le compte de l’assureur qu’une fois le visa obtenu, sinon le douanier récupérera son bien. Malheu­reu­sement, les termes du contrat n’ont pas été respectés, ni par Pape Modou Lô ni par l’assureur Mamadou Mbengue.
Deux mois, le démarcheur n’avait pas réussi à trouver un visa au jeune Ndiaga Mor Mbaye. Et malgré les nombreuses interpellations, Pape Mor Lô n’était pas en mesure d’honorer sa parole. C’est ainsi que le plaignant est allé voir l’assureur afin de récupérer son argent. Mais grande a été sa surprise quand ce dernier lui a fait savoir qu’il a remis les 5 millions au démarcheur. C’est dans ces circonstances qu’une plainte lui a été servie pour «association de malfaiteurs».
Hier devant la barre, Mamadou Mbengue qui était le seul à comparaître n’a pas reconnu les faits. Selon ses déclarations, il a été seulement sollicité par un ami qu’il a longtemps aidé pour établir un contrat de garantie et qu’aucune faute ne peut lui être imputée. Seulement, il oublie que dans les termes du contrat, il était question de remettre l’argent à Pape Modou Lô qu’une fois le visa présenté au demandeur. Une obligation dont il a fait fi en remettant l’intégralité de la somme au démarcheur qui a pris la clé des champs, après avoir empoché l’argent.
Pape Modou Lô n’en était pas à son coup d’essai. Selon les révélations de la représentante du ministère public et même de l’avocat de la défense, il a fait l’objet de plusieurs plaintes pour des faits similaires et dont l’une est actuellement sur la table du juge du 5e Cabinet d’instruction de Dakar. Estimant que les faits sont établis à l’encontre du prévenu, le conseil de la partie civile a réclamé en guise de dommages le montant du préjudice.
De l’avis du Parquet, si le douanier est venu chez lui avec le démarcheur pour établir un procès-verbal de garantie, c’était pour sécuriser son argent dont il pourra disposer si le visa n’est pas obtenu. Pour le ministère public, l’association de malfaiteurs ne souffre d’aucune contestation. Elle a requis 6 mois ferme. Ce qui est rejeté par la défense qui estime qu’il n’est pas mentionné dans le Pv que son client ne doit pas verser l’argent à Pape Modou Lô. A titre principal, l’avocate a plaidé la relaxe et à titre subsidiaire l’application de la loi. Son client sera édifié sur son sort le mardi 26 juin.v

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