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Mamadou Diagne alias «Modou Pousse-Pousse», inculpé de meurtre au préjudice de son ami Demba Mbow, risque 20 ans de travaux forcés si les réquisitions du Parquet général sont suivies. Il sera fixé sur son sort le 16 mai prochain.

Mamadou Diagne a été attrait hier devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar pour meurtre commis sur la personne de Demba Mbow. Les faits ont eu lieu en 2011. Tout est parti d’une banale histoire qui a opposé les deux parties. En fait, le ferrailleur Mamadou Diagne alias «Modou Pousse-Pousse» avait convaincu son ami, Demba Mbow, de venir travailler avec lui. Mais comme son business fleurissait, il a commencé à l’envier parce que Mamadou Diagne gagnait plus que lui. Un jour, ils se sont  bagarrés au marché Colobane. La victime, qui était de plus forte corpulence, a pris le dessus sur son protagoniste en le malmenant comme un enfant. Ils ont été séparés par de bonnes volontés.
Le jour des faits, l’accusé est allé rendre visite son patron Sam. A son retour, il a été interpellé par Demba Mbow, accompagné d’une autre personne nommée Ndiaga. Armé d’un couteau, l’accusé, après l’avoir maîtrisé, lui a asséné trois coups à la poitrine. Pris de panique, Mamadou Diagne a laissé 5 000 francs sur les lieux pour qu’on amène la victime à l’hôpital. C’est ainsi qu’il est parti à Touba. Mais quand il a appris que Demba Mbow a succombé de ses blessures, il s’est rendu à la police pour se constituer prisonnier.
Lors des débats d’audience, l’accusé a indiqué que le défunt était son ami. «A l’époque, on buvait de l’alcool. Et le jour des faits, la victime était ivre. Il est le premier à m’avoir asséné un coup de couteau, mais grâce à mon talisman, il ne m’a pas atteint. Pour me venger, j’ai fait un tour pour l’asséner par inattention. Le défunt a plus de force que moi en plus. J’ai toujours eu peur de lui», a-t-il dit en regrettant son acte. D’ailleurs, il laisse entendre  que  si c’était à refaire, il préfère mourir à la place de la victime Demba Mbow.  «Modou Pousse-Pousse» soutient n’avoir jamais pensé à tuer son ami. «C’est Satan qui  est derrière ces faits», se dédouane-t-il. La partie civile, Ousmane Diouf, a réclamé 10 millions pour toute cause et préjudice confondus.
Le Parquet général estime que la partie sensible du corps a été atteinte. Ce qui montre que l’homicide volontaire est avéré. «Le témoin oculaire, Ndiaga, a précisé que l’accusé a maîtrisé la victime avant de le poignarder au niveau du coup. Ne se limitant pas là, il a perforé son poumon. L’imputabilité ne saurait être contestée, car la conséquence inéluctable ne pouvait être que la mort», rappelle le procureur. Ainsi, le ministère public a demandé la requalification des faits en assassinat, car la victime n’était pas armée avant de requérir 20 ans de travaux forcés.
Les avocats de la défense ont plaidé l’excuse de provocation. Selon Me Ba, son client n’est pas quelqu’un qu’on doit éradiquer de la société, car il a regretté son acte. «Il faut lui tendre la perche en disqualifiant les faits en coups mortels et de retenir l’excuse de provocation et lui donner la possibilité de retrouver sa famille», plaide la robe noire. Le délibéré sera rendu le 16 mai.
justin@lequotidien.sn

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