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Mass Diouf, Assane Diouf et Cheikh Koité ont comparu pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec port illégal d’arme, agression et usurpation de fonction devant le Tribunal correctionnel. Ils risquent 3 ans de prison ferme. L’affaire sera vidée le 25 avril prochain.

Mass Diouf, Assane Diouf et Cheikh Koité avaient constitué une équipe pour dépouiller de paisibles citoyens de leurs biens. Ils s’étaient répartis les tâches. Mass Diouf avait pour mission de jouer au faux policier. Il arborait un treillis, détenait une arme et des menottes. Les autres récupéraient les biens volés pour procéder à leur écoulement au marché noir. Les victimes de leurs agissements ne se sont pas fait prier pour porter plainte contre cette bande de malfaiteurs. Alors qu’ils s’étaient donné un rendez-vous à la station-service qui jouxte la Rts, ils ont été interpellés par les policiers qui faisaient la  ronde. Ils ont trouvé sur Mass Diouf des menottes, des portables, une arme à feu et de l’argent. Sur place, il portait un uniforme de policier. Arrêtés, les mis en causes ont reconnu les faits qui leur sont reprochés.
Devant la barre du Tribunal correctionnel de Dakar, les prévenus ont adopté comme stratégie de défense la dénégation systématique. Mass Diouf argue que l’arme qu’il détenait était enroulée dans un morceau et qu’il devait la remettre à quelqu’un. C’est une arme qu’il venait d’acheter auprès de son ami Ass Malick  Fall. En outre, il dit qu’il ne connaît pas ses acolytes et que c’est par hasard qu’ils se sont rencontrés. Il était à bord d’une moto qui est tombée en panne. C’est ainsi que Assane Diouf, qui lui est venu en aide, lui a dit que c’est un problème d’essence. C’est ainsi qu’ils se sont connus, dit-il. «D’ailleurs lors de mon arrestation, je ne détenais que 3 portables et non 4, comme l’a mentionné le procureur», s’est-il défendu. Par contre, Cheikh Koité a avoué que Mass Diouf portait ce jour-là un treillis. A l’en croire aussi, c’est par hasard qu’ils se sont rencontrés.  Koité a aussi nié être un voleur. Assane Diouf nie connaître aussi ses co-prévenus, mais il reconnaît la détention de chanvre indien. Pourtant à l’enquête préliminaire, les victimes avaient formellement reconnu leurs agresseurs.
Le Parquet estime que les circonstances de leur arrestation sont flagrantes, car les téléphones des victimes ont été retrouvés par-devers eux. Selon lui, les faits sont constitués à leur encontre même s’ils soutiennent qu’ils ne se connaissent pas. Il estime que Cheikh Koité et Assane Diouf se connaissent, car ils ont eu à échanger des coups de téléphone le 28 février 2016. «L’usurpation de fonction ne souffre d’aucun doute», dit le maître des poursuites qui a requis 3 ans ferme contre les prévenus et 2 ans de prison ferme suivis d’un mandat d’arrêt contre Chamsdine Diagne, Ma­ma­dou Diouf et Pape Ibra­hima Ndoye.
L’avocat de Assane Diouf estime que son client ne connaît pas ses co-prévenus. Selon lui, il n’a reconnu que la détention du chanvre indien. C’est pourquoi il a plaidé une application bienveillante de la loi pour ce chef et la relaxe pour le vol. Même son de cloche pour le conseil de Cheikh Koité. N’ayant pas d’avocat, Mass Diouf dira qu’il a beaucoup appris de son séjour carcéral. «En discutant avec les détenus, j’ai appris que celui qui n’est pas sur le droit chemin ira en prison», conclut-il. Délibéré le 25 avril prochain.
justin@lequotidien.sn

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