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Le séjour carcéral de Djiby Diallo, Ousmane Diop et Mamadou Khassimou  Barry risque de se prolonger si le Parquet est suivi dans son réquisitoire. Les accusés, qui comparaissaient pour association de malfaiteurs et vol en réunion, seront édifiés le 21 novembre prochain.

Par Justin GOMIS

Les accusés Djiby Diallo, Ousmane Diop et Mamadou Khassimou  Barry risquent 20 ans de travaux forcés. C’est la peine requise par le procureur à leur encontre. Arrêtés par la section de recherche de Colobane depuis février 2012, ils comparaissaient pour les chefs d’association de malfaiteurs, de vol en réunion avec usage de véhicule. Ils seront fixés  sur leur sort le 21 février prochain. Selon les révélations du Parquet, les faits se sont produits dans un contexte particulier. On était à l’approche l’élection présidentielle de 2012. Au moment où les candidats cherchaient à convaincre les électeurs à voter pour eux, le temps semblait aussi propice aux agresseurs pour commettre leurs forfaits. On assistait, dit-il, à un  regain d’agression dans la commune de Pikine et de Mbao.  Pour protéger les populations,  un important dispositif sécuritaire a été mis en place. Les résul­tats ne vont pas tarder à produire leurs effets.  Grâce à la dénonciation des deux gardiens, Thierno Ba et Mamadou Lamine Coulibaly, la police s’est mise aux trousses des agresseurs.  En fait, ces délinquants avaient dévalisé des magasins contenant du lait, des produits vestimentaires et autres. Mais dans la nuit du 25 février, les gardiens avaient  constaté un taxi, qui ro­dait autour de ces différents magasins visités. Le véhicule, mis en repérage depuis des jours, a été interpellé à Mbao. Arrêté, l’un des passagers, qui  avait pris place dans le siège de derrière, a pris la fuite. Après une course-poursuite, les policiers ont réussi à l’immobiliser avant de procéder à une fouille  du véhicule qui a permis de trouver un arsenal composé de cisaille, de coupe-coupe, de tenaille. Toujours dans le cadre de leur enquête, les policiers se sont associés avec éléments de la Section de recherche de la gendarmerie pour mieux éclaircir cette affaire.
Interpellé,  Djiby Diallo avait déclaré  s’être connu avec son co-accusé Ousmane Diop depuis la prison de Rebeuss. Ils ont aussi travaillé ensemble au Port autonome de Dakar. Mais quand ils se sont revus après leur sortie de prison, ils se sont associés en vue de commettre plusieurs cambriolages. Après leur forfait, pour­suit-il, les amis font appel à une dame établie au Port pour la liquidation du butin.
Il reconnaissait avoir conduit les enquêteurs au  niveau des différents magasins qu’ils ont cambriolés ou les victimes ont dit avoir fait l’objet de vol des personnes non identifiées. Mais hier à la barre, l’accusé a complètement retourné sa veste en martelant que ce sont les policiers qui l’ont conduit dans ces lieux et qu’il ignore tout des cambriolages. Si Djiby Diallo n’a pas reconnu les faits, ce n’est pas le cas de ses coaccusés, Ousmane Diop et Mamadou Khassim. Dans le procès-verbal, ils ont avoué les cambriolages.
Mais devant la barre, Khas­simou Barry est le seul à reconnaitre la paternité des propos tenus à l’enquête. Des propos qui corroborent pourtant ceux soutenus par ses complices. Selon Djiby Diallo, élargi de prison le 21juin 2011, le chauffeur Khassim l’a trouvé au garage. Ils ont marchandé sur le prix du transport pour Grand-Yoff. «Il devait aller à Colobane et moi à la Patte D’Oie. Après quelques minutes, les policiers nous ont interpellés. Le policier a pris son téléphone et après une brève communication, il est revenu nous dire que nous sommes des agresseurs. Il a fouillé la voiture et a trouvé un coupe-coupe. Le chauffeur lui a fait savoir que l’arme appartient au véhicule», a-t-il expliqué au juge.  Ousmane Diop, qui avait séjourné pendant un mois à Rebeuss, prétend n’avoir jamais connu Djiby Diallo. «C’était seulement un parcours de circonstance qui a fait que nous avons partagé le même taxi», a-t-il tenté de se justifier.
Malgré ces dénégations, le Parquet a requis 20 ans  de travaux forcés contre tous et 5 millions d’amende en plus d’une interdiction de séjour. D’après le maitre des poursuites, «ce n’est pas le fruit du hasard s’ils se sont retrouvés dans un véhicule pour commettre les délits pour lesquels ils comparaissent. Ils ont eu à opérer plusieurs fois dans cette zone et c’est ce même véhicule  qui a été identifié», rappelle-t-il.   Ce n’est pas l’avis de la défense. «Comment peut-on trouver des armes sans relever des empreintes», s’est interrogée Ndèye Fatou Touré.  Selon la robe noire, il se pose un problème d’imputabilité. «On  a déclaré que les armes n’ont pas été trouvées sur les personnes mais pas dans la voiture», a précisé l’avocate. Selon elle, «si leurs clients étaient des délinquants, ils pouvaient fuir ou ne pas fuir parce que les faits se sont produits dans une zone d’ombre». Estimant qu’il n’y pas de preuves suffisantes pour entrer en voie de condamnation, elle a plaidé la relaxe. L’affaire est mise en délibéré au 21 novembre prochain.

justin@lequotidien.sn

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