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Idrissa Seck et Cie ont décidé de contester les résultats, mais sans déposer de recours. Le constitutionnaliste Abdoulaye Dièye estime que «la logique» voudrait pourtant qu’ils le fassent.

L’opposition conteste les résultats issus du scrutin du 24 février. Le Professeur Abdoulaye Dièye pense que c’est «peut-être» parce que les quatre candidats n’ont «pas confiance» au Conseil constitutionnel qu’ils n’ont pas introduit des recours. «Il faut leur demander, mais moi j’interprète ça comme un manque de confiance. On dit peut-être que rien ne changera. (Mais) la logique voudrait, quand on conteste des résultats, qu’on fasse des recours, même si parfois c’est sans illusion qu’on les fait», a dit le constitutionnaliste qui était l’invité du 13h de Radio Sénégal international (Rsi). Sur les reproches faits à la Commission nationale de recensement des votes d’avoir proclamé les résultats provisoires sans attendre d’autres Pv, il dit : «N’oublions pas que la commission est astreinte à des délais ! Encore une fois, quand il y a l’expression du suffrage, on recherche simplement si on a mis en place les règles ou si les comportements permettent de dire que l’opinion générale des citoyens a été exprimée. Mais on ne peut pas se fonder simplement sur quelques irrégularités pour dire qu’il y a un problème par rapport aux résultats de l’élection.»

«Je ne sais même pas pourquoi on attend aujourd’hui pour poser la question du chef de l’opposition»
Alors que le débat sur le statut du chef de l’opposition ressurgit, Pr Dièye s’étonne qu’on l’agite aujourd’hui seulement. «Je ne sais même pas pourquoi on attend aujourd’hui pour poser la question du chef de l’opposition. La question est de savoir pourquoi on ne l’a pas posée depuis longtemps parce que c’était beaucoup plus facile quand on savait très bien qui était le chef de l’opposition. Qu’on parte de l’élection présidentielle, le second était le Président Abdoulaye Wade, qu’on parte de la majorité parlementaire, on savait également qui était le chef de l’opposition. On aurait dû le mettre en œuvre depuis longtemps parce que cela fait partie des 15 points (adopté au Référendum de 2016) comme on l’a fait pour le Hcct. Sinon il y a forcément beaucoup de suspicions et de critiques par rapport à cette démarche-là», estime-t-il. Idrissa Seck, arrivé deuxième à l’issue du scrutin de dimanche dernier, est le leader de l’opposition. Mais pour le spécialiste du droit constitutionnel, le choix du chef de parti ou de coalition ne se pose pas.
hamath@lequotidien.sn

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