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Les motivations des jeunes sénégalais candidats à l’émigration clandestine sont diversement appréciées. Pour le professeur Amadou Galo Diop, l’origine est à chercher dans le «manque de repères». «Il faut s’investir dans l’alimentation scientifique et généreuse à l’endroit des jeunes. Nous devons sortir de nos universités et laboratoires et aller vers les jeunes. Les exemples probants de haute valeur scientifique et morale que vous représentez doivent être exposés régulièrement aux jeunes. Qui ont besoin de boussoles, de repères, d’exemples vivants. Vous êtes ces boussoles, repères et exemples. Ils sont perdus ; ils se posent des questions existentielles jusqu’à prendre des risques mortels parce que leurs repères sont perturbés. Leurs boussoles sont devenues floues. Leurs exemples se raréfient», a dit le directeur de la Recherche et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur. Le neurologue, venu lancer la 2ème édition du Congrès de la Société ouest africaine de physique (Soaphys), a invité les scientifiques à être près de la population pour participer de manière efficiente au développement du pays. «Nous devons nous diriger vers les centres de recherche et d’essai. Des jeunes et femmes y sont reçus et formés en 3 mois dans la transformation des produits agricoles, à l’informatique, à la sérigraphie et à beaucoup de choses que des universités et des chercheurs viennent offrir gracieusement sous les auspices du ministère de l’Enseignement supérieur», a-t-il dit hier lors de la cérémonie d’ouverture du Congrès Soaphys. Qui se tient à Dakar jusqu’au 29 novembre 2020. Une «collaboration avec la diaspora scientifique ouest-africaine pour une contribution à la recherche en physique et au développement» est le thème de cette édition. Celle-ci regroupe les pays francophones de la région ouest-africaine.
«Cette rencontre vient au moment où le monde est confronté à la pandémie du coronavirus. Nous devons y surfer pour réfléchir sur la place de la science et des chercheurs dans nos communautés. Il faut réfléchir sur cette résilience africaine alors qu’une catastrophe était prédite. C’est le moment de faire une introspection pour redéfinir notre devenir», a déclaré Amadou Galo Diop. Ce dernier a précisé que «le fait d’inviter la diaspora à revenir s’investir a été un choix judicieux».
L’objectif de la Soaphys est de contribuer significativement à la résolution et à la vulgarisation des connaissances en physique. Créée dans un contexte de fédération de toute personne physique ou morale concernée par les sciences physiques, les disciplines connexes et leurs applications et, quel que soit le secteur d’activité, elle se veut d’approfondir et de faire connaître les réflexions et propositions sur les questions d’enseignement, de recherche et de prospective industrielle, économique et professionnelle.

 

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